L’UFC-Que Choisir alerte sur la qualité de l’eau du robinet en France

« Si 97,5% des Français ont accès tout au long de l’année à une eau de bonne qualité, en revanche près de deux millions de consommateurs paient, eux, pour une eau non conforme aux critères réglementaires », affirme l’UFC.

« Le cocktail des principaux polluants décelés (pesticides, nitrates, sélénium) met en évidence les graves menaces que la pression agricole fait peser sur la ressource », ajoute l’association.

Les départements les plus touchés par cette eau « contaminée » sont « dans les zones où l’agriculture est la plus intensive: Bassin Parisien (Eure-et-Loir, Loiret, Seine-et-Marne, Yonne), le Nord (Pas-de-Calais) et la Champagne (Marne, Aube) », détaille l’UFC, affirmant que l’utilisation de pesticides dans l’agriculture « n’a pas diminué en 10 ans ».

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  • 20 mar 14:31Deux millions de Français boivent de l’eau polluée
  • 20 mar 14:15L’UFC-Que Choisir alerte sur la qualité de l’eau du robinet en France

L’association de consommateurs base sa mise en garde sur une enquête qu’elle a menée à partir des résultats d’analyses du ministère de la Santé, commune par commune, sur deux ans. Elle a passé ses résultats au crible de six critères « traduisant les principales contaminations » (qualité bactériologique, teneur en aluminium, radioactivité, pesticide, nitrates et sélénium).

En dehors de l’agriculture, les autres sources de contamination de l’eau (31% de la pollution de l’eau) sont liées « au défaut de traitement (qualité bactériologique, aluminium) et aux contaminations naturelles (radioactivité) ». « Elles touchent 1.500 communes et 500.000 consommateurs », indique l’UFC.

Pour mettre un terme aux pollutions agricoles, l’UFC-Que Choisir demande « une protection efficace de tous les captages », « une application du principe pollueur-payeur dans le domaine des pollutions agricoles » et que « les aides de la politique agricole commune (PAC) soient réservées aux modes de production s’inspirant des agricultures intégrées et biologiques ».

L’UFC-Que Choisir met à disposition sur son site internet http://www.quechoisir.org les résultats, commune par commune, de ses relevés.

lien vers l’étude d’UFC-Que Choisir sur l’eau

Gaz de schiste : Lettre de M. Bascou, Député de l’Aude, Maire de Narbonn

Mme Marilyne PEYRE

Par courriel en date du 6 mars vous m’avez fait  part vos préoccupations concernant « des permis pour l’exploration et l’exploitation de gaz de schiste qui ont été autorisés sur le Narbonnais ». Les risques liés à l’exploitation des gaz de schiste, en particulier par la technique dite de la fracturation hydraulique, ont donné lieu l’an dernier à un grand débat public. La mobilisation des Français, des associations et des élus de l’opposition a pu alors faire reculer le gouvernement et  attirer l’attention sur les permis de recherche qu’il avait accordés.  J’y ai contribué au niveau national, en tant que député. Au niveau local, en tant que maire de Narbonne et Président de la Communauté d’Agglomération du Grand Narbonne, je reste particulièrement vigilant à la protection du Narbonnais, de sa nature et de ses habitants.  Renseignements pris auprès de la préfecture de l’Aude, à ce jour, il n’ y a pas d’évolution dans le permis de recherche conventionnelles – pas d’exploitation –  accordé jusqu’en 2014 au niveau régional et concernant pour une part le territoire du  Narbonnais.  Plusieurs permis de recherche couvrant des territoires à l’échelle d’une région ont ainsi été accordés par le gouvernement, avant de faire face à la mobilisation citoyenne de 2011. Le groupe socialiste de l’Assemblée Nationale auquel j’appartiens, a alors  dénoncé le fait que des autorisations d’exploration pour les gaz et huiles de schiste aient été données par le gouvernement sans débat préalable et dans la plus grande discrétion, par arrêté ministériel.  Couvrant l’Aude et l’Hérault, un permis exclusif de recherches (PER) de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux a été accordé par Mme la  ministre d’Etat, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat, par arrêté en date du 2 octobre 2009. Ce  permis exclusif de recherches dit « Permis des Plaines du Languedoc » – par méthodes conventionnelles –  a été  attribué à la société Lundin International SA, pour une durée de cinq ans à compter de la date de publication de cet  arrêté au Journal officiel, le 30 octobre 2009.  Il a été donné, comme plusieurs autres,  avant de faire face à la mobilisation citoyenne nationale, relayée par les élus régionaux et les parlementaires socialistes contre l’exploration et l’exploitation de gaz de schiste.

Je tiens ainsi à vous rappeler que les élus et Présidents de régions socialistes – dont le Languedoc-Roussillon-  se sont mobilisés en février 2011  pour demander conjointement  au gouvernement l’annulation des permis de recherche déjà accordés dans leurs régions.

Pour couper court au concert de protestations soulevé dans toute la France par la décision du gouvernement d’autoriser des explorations une proposition de loi a été déposée par l’UMP et mise à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale, en débat public,  le 10 mai 2011.

Déposée précédemment une  proposition de loi du groupe socialiste de l’Assemblée Nationale était beaucoup plus claire et protectrice de l’environnement. Elle  visait à interdire toute exploration et toute exploitation des gaz de schistes, ainsi qu’à abroger les permis accordés.

La loi promulguée sur « les gaz de schistes » (N°2011-835 du 13 juillet 2011), approuvée par la seule majorité parlementaire UMP, vise seulement à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique.

Elle reste ambiguë sur la possibilité d’exploiter ces hydrocarbures par une autre méthode que la fracturation hydraulique et n’abroge pas les permis déjà accordés. C’est la raison essentielle pour laquelle les députés socialistes ont voté contre ce texte, le 21 juin 2011.

En conclusion, suite à la forte sensibilisation des Français, et aux obligations réglementaires à satisfaire localement avant tout lancement de chantiers, rien ne pourra  se faire sans que les citoyens en soient  alertés, et je ne manquerai pas de contribuer à amplifier cette alerte, dans l’éventualité où cela serait justifié sur notre territoire par une démarche quelconque du titulaire du permis de recherche Aude-Hérault.  Espérant avoir répondu à vos questions, je vous prie d’agréer, Madame, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Jacques BASCOU

Député de l’Aude

Maire de Narbonne

Fraises espagnoles : scandale écologique

Fraises espagnoles/ scandale écologique

Très instructif !
D’ici à la mi‐juin, la France aura importé
d’Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises.
Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros
trucs rouges, encore verts près de la queue
car cueillis avant d’être mûrs, et ressemblant
à des tomates. Avec d’ailleurs à peu près le goût des tomates…
> > Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les
consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un produit qui se brade
actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces,
après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16
000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz
d’échappement. Car la quasi‐totalité de ces fruits poussent dans le sud de l’Andalousie, sur
les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l’une des plus
fabuleuses réserves d’oiseaux migrateurs et nicheurs d’Europe.
Il aura fallu qu’une équipe d’enquêteurs du WWF‐France s’intéresse à la marée montante
de cette fraise hors saison pour que soit révélée l’aberration écologique de cette
production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d’ailleurs, ne pousse pas dans
de meilleures conditions écologiques). Ce qu’ont découvert les envoyés spéciaux du WWF,
et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.
Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà
en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures
seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le
pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.
> > Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’il s’agisse d’une plante vivace
productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors
saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent
l’hiver, pour avancer leur production. À l’automne, la terre sableuse est nettoyée et
stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le
premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la
couche d’ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et
d’ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.
> > Qui s’en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une maind’oeuvre
marocaine, des saisonniers ou des sans‐papiers sous‐payés et logés dans des
conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en
plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l’hiver.
> > … Un écologiste de la région raconte l’explosion de maladies pulmonaires et
d’affections de la peau.
> > Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une
irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des
fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages
dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme
en savane sèche une partie de cette région d’Andalousie, entraîne
l’exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx
pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu’une trentaine dans
la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de
disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.
> >
> > La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont
soit emportées par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur place.
> > … Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s’exiler ailleurs en
Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits
nocifs qu’ils ont respiré …
> > La production et l’exportation de la fraise espagnole,
l’essentiel étant vendu dès avant la fin de l’hiver et jusqu’en
avril, représente ce qu’il y a de moins durable comme
agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l’esprit du
public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et
la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de
la fraise commencent à s’installer. Avant de venir de Chine, d’où sont déjà importées des
pommes encore plus traitées que les pommes françaises…
PAR Claude‐Marie Vadrot
> > Politis jeudi 12 avril 2007
> > NB N’hésitez pas à faire connaître ceci à vos amies et amis…

Article – Mediapart.fr: Gaz de schiste: les pétroliers n’ont pas renoncé

Article – Mediapart.fr: Gaz de schiste: les pétroliers n’ont pas renoncé

Cela ne concerne pas que le permis plaine du languedoc mais plus généralement l’évolution en France mais c’est intéressant de rester attentif à ce qui se passe dans toute la france.

Un article de Claire Le Nestour (médiapart, 9.3.12)« Je n’autoriserai pas l’exploitation du gaz de schiste par fragmentation hydraulique », rappelait Nicolas Sarkozy, en marge d’un déplacement en Ardèche, le 20 décembre 2011. Le dossier était censé être définitivement clos depuis juillet, avec l’adoption de la loi interdisant la fracturation hydraulique. Cette technique, qui consiste à extraire en profondeur les huiles et gaz prisonniers de la roche mère au moyen d’eau sous pression et de produits chimiques, est très critiquée car elle est gourmande en ressources aquifères et accusée de polluer les sous-sols.Après la loi Jacob de juillet, le gouvernement avait confirmé, début octobre, l’abrogation de trois permis de recherche visant exclusivement le gaz de schiste, à la grande « surprise » du groupe Total qui avait annoncé son intention de déposer un recours contre l’Etat. « Je sais que Total a déposé un recours mais de toute façon, pour nous, ce sera non », ajoutait alors le président de la République, pour rassurer les militants écologistes.Mais début janvier 2012, une publication a ravivé les craintes : le ministère de l’écologie a mis en ligne une liste de permis de recherche en fin d’instruction. Officiellement, ces demandes concernent des hydrocarbures conventionnels. Mais les anti-gaz de schiste sont persuadés qu’il s’agit, pour les compagnies pétrolières, de poser des jalons à une future exploitation des sous-sols en attendant d’être autorisés à fracturer la roche mère.« Préalablement à la décision du gouvernement et conformément aux engagements pris en 2011, les demandes de permis exclusifs de recherche font désormais l’objet d’une mise à disposition du public pendant une durée de 30 jours »,est-il écrit en préambule. Après la polémique sur l’opacité entourant la signature, en mars 2010, des premiers permis d’exploration de ressources « non conventionnelles », Nathalie Kosciusko-Morizet, ex-ministre de l’écologie devenue porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, s’était engagée à associer les citoyens aux autorisations d’exploration.Mais le décret paru fin 2011 pour modifier le code d’urbanisme n’entrera en application que le 1er juin 2012. Par conséquent, les quatorze demandes actuelles de permis ne sont pas soumises à enquête publique mais à une simple consultation. En voici la liste:

Liste des permis de recherche publiée sur le site du ministère© Capture écran, 1er mars 2012

 La liste fait état de quatorze permis « arrivés au terme de leur instruction » et « envisagés pour octroi ». Contacté, le ministère n’a pas communiqué d’échéancier. « Les dossiers sont à différents stades d’instruction, aux niveau “central” et régional. Un certain nombre devraient aboutir prochainement », précise-t-on.Pour chaque permis, les compagnies ont fourni un rapport sur « les techniques employées ou envisagées » dans lequel elles s’engagent à ne pas recourir à la fracturation hydraulique. Sont également publiés une carte pour localiser la zone concernée, un projet d’arrêté autorisant la recherche et une note explicative justifiant la demande. Les quatorze notes se terminent par ce paragraphe : « Compte tenu des progrès technologiques accomplis dans le domaine de l’exploration cette dernière décennie, en matière de mesures comme en matière de retraitement informatique des données, une découverte de pétrole conventionnel dans cette zone apparaît encore possible, sur le plan géologique. »Jusqu’ici rien d’illégal. Mais douze des quatorze permis concernent l’Ile-de-France et l’intérêt des compagnies pour une zone où le pétrole n’a pas coulé depuis une décennie sème le doute chez les militants écologistes. « Beaucoup de recherches ont déjà été faites dans les années 1990 et elles n’ont rien donné. Quand bien même il resterait des petites poches de pétrole conventionnel, leur faible productivité ne justifierait pas une telle ruée sur les permis. »  Pour Philippe Le Corneur, porte-parole du collectif Stop au pétrole de Schiste 77, les pétroliers savent que le Bassin parisien est riche en hydrocarbures de schiste et leurs intentions sont évidentes : « Ils attendent que la loi change ou que la mobilisation s’essouffle. »

Du conventionnel, jusqu’à la dernière goutte

Au Bureau de recherches géologiques et minières ou à l’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles, les gaz de schiste ont été oubliés. Depuis la loi du 13 juillet 2011, ces deux établissements publics sont tenus de ne plus prendre position sur le sujet. Certains géologues s’avouent tout de même sceptiques sur la probabilité de trouver, en Ile-de-France, des puits de pétrole exploitables de manière conventionnelle.Il suffit de consulter les cartes du portail d’accès aux données pétrolifères nationales pour s’en rendre compte : la région est un gruyère dans lequel les compagnies ont déjà largement exploré les possibles ressources conventionnelles. 

Carte des données pétrolifères : en rouge, les forages existants© BEPH, capture écran 1er mars 2012

 

Attribués pour cinq ans renouvelables deux fois, les permis de recherche demandés pour des forages « conventionnels »seraient un moyen, pour les compagnies pétrolières, d’obtenir des droits exclusifs sur les sous-sols en attendant une évolution de la législation. Car la flambée du prix du pétrole et l’absence de consensus politique rendent l’interdiction française très fragile.Deux articles ont fait grand bruit la dernière semaine de février. Le titre de l’éditorial paru dans l’édition du Monde daté du 29 février 2012 annonçait la couleur : « Le pétrole flambe, le gaz de schiste attend ». L’auteur y fustige l’attitude des politiciens.« Le prix des carburants à la pompe flambe et les candidats à l’élection présidentielle – Nicolas Sarkozy et François Hollande en tête – regardent ailleurs. Ou, à tout le moins, dans la mauvaise direction », soutient-il avant d’ajouter : « Les gaz de schiste dessinent un scénario économique moins sombre que certaines prédictions écologistes. »Le deuxième article est paru dans Les Échos le mardi 28 février. « Nous avons sous nos pieds de quoi changer la donne économique à venir », écrit Nicolas Barréjournaliste, avant de nuancer son propos en faisant état de conséquences sur l’environnement qui pourraient être « dramatiques, irréversibles ». La publication, la même semaine, de ces deux points de vue, prouve que les huiles et gaz de schiste sont une richesse que certains, à commencer par les pétroliers comptent bien exploiter.

L’eldorado parisien

Les grandes firmes de l’énergie estiment à 173 000 milliards de m3 les ressources européennes en hydrocarbures de schiste. Une quantité comparable aux ressources des États-Unis, premier producteur mondial. Entre 2000 et 2010, la production américaine a été multipliée par douze. Le gaz y est désormais trois fois moins cher que sur le vieux continent. De quoi faire rêver les Français qui auraient près de 5 000 milliards de m3 de gaz et huile de schiste sous les pieds, l’Hexagone se plaçant à ladeuxième place européenne après la Pologne. Les estimations de l’Institut français des relations internationales sont plus mesurées. En ne prenant en compte que les « ressources techniquement récupérables »le centre de recherche évalue entre 2 000 et 4 000 milliards de m3 les ressources de toute l’Europe.Régulièrement, la compagnie Toreador présente le Bassin parisien comme son nouvel eldorado, un moyen de faire grimper sa cotation en bourse en faisant miroiter des milliards de m3 d’huile récupérables. Dans les diapositives de la société, l’Ile-de-France est comparée au bassin de Williston et à Bakken, le plus grand champ pétrolifère découvert aux États-Unis ces quarante dernières années. Mais l’exploitation de cette richesse en Amérique du Nord se fait au prix d’un désastre écologique, comme l’a montré Josh Fox dans Gaslandle documentaire à la base du mouvement de mobilisation contre les gaz de schiste. 

Toreador compare Bakken au bassin parisien

Attirée par les bénéfices potentiels en France, Toreador a renoncé à ses activités en Hongrie, Turquie et Roumanie pour établir son siège à Paris et faire son entrée en bourse en décembre 2010. Julien Balkany, demi-frère de Patrick Balkany, député UMP et maire de Levallois-Perret et proche de Nicolas Sarkozy, était chargé de l’implantation de l’entreprise en France. Mais le pétrolier n’aura même pas eu le temps de souffler sa première bougie sur Euronext. La France a été le premier pays au monde à interdire la fracturation hydraulique, précipitant le rachat de Toreador par la société Zaza energy. Cette opération a signé la fin du développement de Toreador en France, du moins pour le moment.

« L’interdiction française, comment en sortir ? »

Car le 17 janvier 2012, Emmanuel Mousset, directeur général de Toreador Energy France, était invité à la Maison de la Chimie par le club Énergie et développement pour un colloque sur « Le bouquet énergétique dans tous ses états ». Il est intervenu lors de la troisième table ronde : « La France peut-elle se passer d’une ressource, les hydrocarbures de schiste ? » avec, parmi les points sous-tendus, une question des plus

explicites : « L’interdiction française, comment en sortir ? »..

Extrait du programme du colloque du 17 janvier 2012© Capture écran, 1er mars 2012

 

À ses côtés, il y avait Mark Katrosh de Hess Oil France, la compagnie associée à Toreador en 2010 pour exploiter les gaz de schiste du Bassin parisien, Bruno Courme de Total, l’entreprise qui conteste l’abrogation de son permis par l’Etat, et Peter Sider, vice-président des opérations de Vermilion en Europe. On retrouve le nom de certaines de ces compagnies sur la liste des quatorze permis de recherche en fin d’instruction, mis en ligne pour consultation. Vermilion sollicite un droit exclusif de recherche à Champfolie. Quant à Toreador, elle s’est positionnée sur six demandes : Valence-en-Brie, Nangis, Coulommiers, Mary-sur-Marne, Ourcq et Nanteuil.« Le secteur pétrolier n’a pas désarmé et prépare, à l’évidence, l’après-présidentielle. Il s’est engagé dans une stratégie qui allie bataille judiciaire et attente de jours meilleurs, preuve manifeste de la faiblesse de la loi Jacob. » Le 26 janvier 2012, Nicole Bricq, sénatrice socialiste de la Seine-et-Marne, a rouvert le débat sur les gaz des schiste. « Pourquoi seuls trois des soixante-quatre permis accordés ont été abrogés ? », a-t-elle demandé au Sénat, lors d’une séance de questionsd’actualité au gouvernement. Soixante et une compagnies ont indiqué qu’elles n’auraient pas recours à la fracturation hydraulique. Dès lors, elles n’enfreignaient pas la loi Jacob.Dans l’hémicycle, les lignes de divisions de juin 2011 sont réapparues entre l’opposition qui plaide en faveur d’une interdiction totale d’exploiter les gaz de schiste et ceux qui estiment qu’il est suffisant d’interdire la fracturation hydraulique. Pour le moment, aucune autre technique ne permet d’extraire les huiles et gaz de la roche-mère. Mais la définition floue de la fracturation hydraulique laisse aux pétroliers une fenêtre d’opportunité pour expérimenter des techniques analogues.Réunis en coordination nationale dans le Lot le samedi 3 et dimanche 4 mars 2012, les délégués de 211 collectifs locaux contre les hydrocarbures de schiste ont notamment dénoncé le pas en arrière de François Hollande.Au printemps 2011, les socialistes soutenaient une loi plus restrictive que celle finalement adoptée, visant l’interdiction stricte de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. Le 29 février, interrogé sur RTL, leur candidat a tenu un autre discours. Il a admis que les enjeux économiques pourraient entrer en considération. « S’il était démontré par des recherches qu’il puisse y avoir des exploitations sans conséquences sur l’environnement (…) Si c’était démontré, bien sûr, j’ai le sens des responsabilités », a-t-il dit.Face aux sénateurs, le 7 février, Thierry Mariani, ministre des transports, s’est contenté de rappeler la mise en place d’une commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures, comme prévu par l’article 2 de loi du 13 juillet 2011. « Le projet de décret est en cours d’examen au Conseil d’Etat. Il pourrait être signé à la fin du mois de février ou au début du mois de mars », a-t-il ajouté.Seulement voilà, le projet de décret que les militants anti-gaz de schiste ont pu se procurer n’est, pour eux, pas satisfaisant. Les partisans de l’exploitation des hydrocarbures de schiste seraient effectivement en majorité au sein de cette commission à même d’ouvrir la voie à une exploitation des ressources prisonnières de la roche-mère.« La composition est complètement partiale. Sur les vingt-quatre membres, seuls six représenteraient les opposants aux gaz de schiste. Avec une commission comme celle-ci, les avis seront toujours en faveur des pétroliers », déplore Philippe Le Corneur. Dans cette hypothèse, les pétroliers auraient toutes les raisons d’anticiper un changement législatif. 

lettre de soutien de Stéphane Hessel

« Chers amis,

Le 11 mars 2011, la catastrophe de Fukushima a rappelé au monde entier que la technologie nucléaire est mortifère, et que prétendre la contrôler est une illusion. Un an après jour pour jour, une immense chaîne humaine va relier Lyon à Avignon, dans cette vallée du Rhône où quatorze réacteurs nucléaires exposent des millions de gens à un risque intolérable.

Solidaires avec le peuple japonais, des dizaines de milliers de personnes venues de toute la France et d’autres pays européens vont réagir ensemble, pour affirmer haut et fort : « Sortir du nucléaire, c’est possible ! »


Je veux saluer la détermination des citoyens à l’origine de cette initiative coordonnée par le Réseau « Sortir du nucléaire ». Refusant que la France soit condamnée à subir tôt ou tard un accident nucléaire majeur comme celui qui a frappé le Japon, c’est une véritable « réaction en chaîne humaine » qu’ils ont lancée.

Aujourd’hui, je tiens à partager avec vous mon soutien à cette mobilisation, qui est à mes yeux une véritable insurrection démocratique. Je voudrais dire à chacune et chacun d’entre vous : vous aussi, insurgez-vous ; vous aussi, mobilisez-vous pour la sortie du nucléaire !

Ensemble, nous pouvons être suffisamment forts pour résister au lobby nucléaire et pour nous réapproprier la question énergétique. Nous devons refuser que les choix qui nous engagent et qui engagent nos enfants et petits-enfants pour des décennies soient dictés par des industriels qui n’ont que faire des déchets éternels et de la pollution qu’ils laissent aux générations futures.

La France doit sortir du nucléaire, elle doit dire adieu à cette technologie dangereuse. Elle doit sans retard se tourner vers les énergies renouvelables et un usage plus sobre et raisonnable de l’énergie. En un mot, la France doit choisir un avenir énergétique… plus humain ! Nous savons que c’est possible, alors n’attendons pas qu’il soit trop tard.

Vous non plus, n’attendez pas… le 11 mars, rejoignez la grande chaîne humaine pour la sortie du nucléaire ! »

Stéphane Hessel
> Ancien résistant et diplomate
> Auteur du manifeste « Indignez-vous !

Rejoignez la grande chaîne humaine
> pour la sortie du nucléaire !

Fukushima, un an après

N’oublions pas Fukushima

Japon, le 11 mars 2011. Trois catastrophes ont eu lieu. Un séisme, un tsunami et un accident nucléaire.Une seule de ces catastrophes aurait pu être évitée… Un an après, retour à Fukushima.
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Silence et contamination : la vie à Fukushima

Un an après avoir été forcés d’abandonner leur domicile à cause de la catastrophe nucléaire de Fukushima, des dizaines de milliers de réfugiés vivent toujours dans l’incertitude du lendemain.

Catastrophe nucléaire : êtes-vous à l’abri ?

Une catastrophe nucléaire comme celle de Fukushima peut survenir sur n’importe quel réacteur nucléaire dans le monde. Des millions de personnes sont concernées. Et vous ?
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Tous solidaires
le 11 mars 2012

Un an jour pour jour après la catastrophe de Fukushima, réagissons ensemble pour dénoncer le risque nucléaire. Créons une réaction en chaîne… humaine !
Lire la suite

communes sans OGM

Affiche 16 MARS

Vous connaissez certainement,  la campagne menée par CAPASO (Collectif audois pour une agriculture sans OGM)  pour encourager les communes de l’Aude à prendre des arrêtés « communes sans OGM » !

Merci à Patricia qui mène cette bataille depuis Caudeval : suite au courrier adressé à toutes les communes du département, quelques communes ont répondu positivement (Carcassonne a voté à l’unanimité en conseil municipal) , d’autres élus  demandent des infos d’où quelques soirées publiques organisées ici & là dans l’Aude !

Le vendredi 16 mars à 20H 30 , nous organisons une projection/conférence/débat avec le public au foyer de Villardonnel (voir fichier joint) .

Lilian Ceballos, Chercheur en Ecologie et Biologie, assurera la partie scientifique (plantes transgéniques, mutées)  , la nécessité des abeilles.

Jean François Roux, Faucheur Volontaire Hérault,  fera le point sur la situation actuelle du collectif FV  (la démarche, les projets, les procès en cours) !

Poursuivons notre combat à l’heure où le MON810 risque de faire une nouvelle apparition dans nos champs ! notre gouvernement n’ayant répondu à ce jour à nos multiples interpellations pour sauver l’agriculture bio et conventionnelle , l’apiculture  (nos abeilles sont en danger et le miel contaminé au pollen OGM est interdit à la vente par la commission européenne )  à suivre…

Pour nous, la coexistence n’est pas envisageable !

Pour plus d’info OGM consulter ce site :

http://www.infogm.org/