Arrêt d’un réacteur nucléaire en Belgique à cause de potentielles fissures

Le Monde.fr avec AFP | 08.08.2012 à 14h43 • Mis à jour le 08.08.2012 à 16h59

 

La centrale nucléaire de Tihange (Belgique) en janvier 1998.

 

L’Agence de contrôle nucléaire belge (AFCN) a annoncé la mise à l’arrêt de Doel 3, l’un des sept réacteurs exploités par Electrabel, à la suite de la découverte de « potentielles fissures » sur la cuve et n’autorisera la reprise que « si des arguments convaincants sont fournis ». Le réacteur était à l’arrêt depuis début juin pour entretien et le combustible nucléaire avait été déchargé.
Il n’y a donc aucun danger pour la population, les travailleurs et l’environnement », insiste l’agence dans un communiqué diffusé sur son site Internet.

« Une nouvelle méthode d’analyses de la cuve au moyen de capteurs ultrasoniques a été réalisée lors de la révision planifiée de la centrale nucléaire de Doel 3. Si les résultats de ces analyses ne sont pas encore complètement établis à ce stade, il apparaît déjà que les capteurs ultrasoniques ont détecté sur la cuve la présence de très nombreuses indications qui pourraient s’assimiler à de potentielles fissures », explique l’AFCN.

DOUTE SUR TIHANGE 2

« Le réacteur est maintenu à l’arrêt tant que les résultats complets n’ont pas été fournis. L’AFCN donnera son opinion après analyse de l’ensemble des informations reçues, sans verser dans la spéculation », précise l’agence. « L’arrêt de Doel 3 sera maintenu (au moins) jusqu’au 31 août 2012 », a ajouté l’AFCN. Mais l’Agence de contrôle nucléaire précise que son « opinion finale se basera sur l’évaluation de sûreté du dossier complet, de même que sur les avis de son Conseil scientifique, et sera soumise à un audit international« . « L’AFCN donnera seulement une autorisation de poursuivre l’exploitation si des arguments convaincants sont fournis », conclut le communiqué.

Mais, révèle le directeur général de l’agence, Willy De Roovere, dans une note interne, la cuve en acier de Tihange 2, un autre réacteur d’Electrabel situé dans le sud du pays, près de Liège, « a été construite par la même société néerlandaise, Rotterdam Drydocks, que Doel 3″. Dès lors, le patron de l’agence de contrôle n’exclut pas, « dans le plus extrême des cas », la perte des deux réacteurs pour la production d’électricité. Il juge aussi que « le calendrier de sortie du nucléaire [en Belgique] pourrait devoir être revu à la lumière » de ces informations. Enfin, M. De Roovere ajoute que la société néerlandaise, « qui n’est plus en activité », a également fabriqué « 21 cuves » de réacteurs au niveau mondial, sans préciser les pays concernés.

Electrabel, filiale belge du groupe français GDF Suez, exploite sept réacteurs sur deux sites : quatre dans la centrale de Doel, près d’Anvers, en Flandres et trois à Tihange, près de Liège, en Wallonie. La Belgique a décidé de sortir progressivement du nucléaire avec la fermeture programmée des unités 1 et 2 de Doel en avril 2016. Doel 3 doit être fermé en 2022 et Doel 4 en 2025. Les trois réacteurs de Tihange seront fermés en 2023 et 2025. Des inspections sont programmées prochainement sur les cuves de la centrale de Tihange. Le réacteur numéro 2 sera mis à l’arrêt en septembre et l’unité 1 en 2013, a indiqué l’AFCN. Les cuves de Doel 4 et de Tihange 3 « devront à terme subir également ce même type d’inspection ».

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