Une autorité réglementaire de Colombie Britanique fait lien entre fracturation hydraulique et tremblements de terre:

Une autorité réglementaire de Colombie Britanique fait lien entre fracturation hydraulique et tremblements de terre:

Dim 9 Sep 2012 à 23:07

La Commission conclut que la fracturation hydraulique est la cause de séismes

Les conséquences environnementales et géologiques de l’injection de fluides aux fins de la fracturation hydraulique suscitent de nombreuses inquiétudes. La fracturation hydraulique permet de mettre en valeur des gisements de gaz de schiste, de méthane de houille et d’autres hydrocarbures qui étaient auparavant inexploitables. Les inquiétudes portent souvent sur la provenance de l’eau utilisée pour la fracturation hydraulique (ce processus nécessite souvent l’utilisation de dizaines de milliers de mètres cubes d’eau par puits) et sur les possibilités de contamination liées à l’utilisation et à l’élimination du fluide de fracturation. Cependant, la possibilité que la fracturation hydraulique cause des séismes suscite également des inquiétudes.

Le 30 août 2012, la Oil and Gas Commission de la Colombie-Britannique (la « Commission ») a publié un rapport qui conclut que les activités de fracturation hydraulique menées à proximité de failles préexistantes ont causé des centaines de séismes de faible magnitude dans le bassin de Horn River, dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Le bassin de Horn River est l’un des principaux gisements de gaz de schiste en Colombie-Britannique. La conclusion de la Commission est fondée sur une étude sismologique (relevés sismographiques des tremblements de terre causés principalement par des mouvements de failles) menée entre avril 2009 et décembre 2011 dans le secteur de Horn River.

Photo par: Nexen Inc, ss

Contexte

La fracturation hydraulique est le processus qui consiste à créer des fissures (fractures) dans des formations géologiques souterraines pour créer des voies à partir desquelles les hydrocarbures, notamment le gaz de schiste, peuvent renflouer vers des puits de forage. Dans le cas des schistes gazéifères, un mélange d’eau, de sable et d’autres additifs chimiques est injecté à haute pression dans le puits de forage pour fracturer les schistes. Les fractures demeurent ouvertes grâce au sable (l’agent de soutènement) et elles servent de voie de refoulement du gaz de schiste vers le puits de forage.

La fracturation de la roche par l’injection de fluides hydrauliques crée des milliers de microséismes (d’une magnitude comprise entre -3,0 et 0,5 ML sur l’échelle de Richter). Ces microséismes n’ont pas été abordés dans le rapport de la Commission, qui a porté essentiellement sur les séismes d’une magnitude supérieure à 1,0 ML.

Conclusions de la Commission

Selon la Base Nationale de Données Sismologiques du Canada, aucune activité sismique n’avait été détectée dans le bassin de Horn River avant 2009. Cependant, entre avril 2009 et décembre 2011, 272 séismes de faible amplitude (magnitude comprise entre 1,0 ML et 3,8 ML) ont été attribués à des déplacements le long de failles existantes causés par les activités de fracturation hydraulique. La Commission a utilisé les critères de sismicité induite de Davis et Frolich (moment, emplacement, pression des fluides, etc.) pour relier ces événements à la fracturation hydraulique. Il faut noter que les puits de refoulement ont été éliminés comme source possible de sismicité étant donné que les quatre puits de refoulement qui se trouvaient dans le secteur visé par l’étude injectaient les fluides récupérés dans une formation située à plus de 1800 mètres au-dessus des formations du Groupe de Horn River.

La Commission a noté que les phénomènes sismiques d’une magnitude inférieure à 4,0 ML sont considérés comme mineurs et que, parmi les séismes enregistrés, un seul a été déclaré « ressenti » à la surface de la terre. En effet, le 19 mai 2011, un séisme d’une magnitude de 3,8 ML a été ressenti par des travailleurs se trouvant dans un rayon de 10 km de l’épicentre. Aucune blessure ni aucun dommage aux structures de surface n’a été déclaré relativement à ce séisme ou aux autres séismes étudiés par la Commission.

En plus de conclure que ces séismes étaient causés par la fracturation hydraulique, la Commission a conclu que les fractures résultant des activités de fracturation hydraulique étaient confinées aux schistes gazéifères de Horn River. La Commission n’a décelé aucune incidence sur les aquifères peu profonds ou sur l’environnement.

Autres conclusions semblables

Le rapport de la Commission renvoie à deux rapports publics portant sur des évènements de sismicité induite à d’autres endroits.

À Blackpool, en Angleterre, 50 séismes ont été attribués à la fracturation hydraulique. Le séisme le plus important, qui s’est produit 10 heures après l’obturation du puits, a été attribué au rayonnement d’un front de pression à partir du point d’injection hydraulique. Les auteurs de l’étude (de Pater et Baisch) ont conclu que la magnitude des séismes pourrait être atténuée en réinjectant rapidement les fluides après les traitements et en réduisant le volume de traitement.

L’autre cas récemment documenté de sismicité induite s’est produit à Garvin County, en Oklahoma. Dans ce cas, 50 séismes ont également été enregistrés. Ces séismes ont débuté sept heures après le début des activités de fracturation hydraulique. Bien que les séismes naturels soient très fréquents en Oklahoma, il a été prouvé que ces séismes avaient une origine unique différente de celle des tremblements de terre naturels. L’auteur (Holland) a conclu que le moment où ces événements sont survenus suggère un lien possible avec la fracturation hydraulique, bien qu’il n’ait pas déclaré que la fracturation était la cause de la sismicité.

Recommandations de la Commission

Se fondant sur les conclusions de son enquête, la Commission a émis plusieurs recommandations qui visent notamment à :

1.         Exiger la présentation de rapports de microsismicité pour identifier les formations géologiques, notamment les failles, pouvant causer un risque accru de sismicité induite de magnitude supérieure à 2,0 ML. Ces rapports pourraient également confirmer que la fracturation est confinée à la zone ciblée par les exploitants. La Commission précisera ces exigences en travaillant conjointement avec des intervenants et d’autres organismes de réglementation à l’extérieur de la Colombie-Britannique;

2.         Établir un processus de notification et de consultation entre l’exploitant et la Commission. Si des séismes sont détectés par le Réseau national sismographique canadien (RNSC) ou par les sismographes de l’exploitant, la Commission et l’exploitant pourraient entreprendre une étude afin de déterminer si des mesures d’atténuation sont nécessaires (p. ex., un ordre de suspension);

3.         Examiner les données géologiques et sismiques pour repérer des failles préexistantes. Si une sismicité induite est détectée, les puits de forage subséquents pourraient éviter la faille active ou d’autres procédures d’atténuation pourraient être mises en œuvre (p. ex. annulation des travaux de fracturation prévus à proximité de la faille active).

4.         Étudier l’effet des paramètres de fracturation hydraulique sur la sismicité.  La Commission poursuit son analyse des données de fracturation hydraulique pour tenter d’identifier des corrélations (p. ex. au niveau des débits de pompage ou des volumes d’injection);

5.         Moderniser et améliorer le réseau sismographique et les procédures de surveillance de la Colombie-Britannique. La Commission a conclu que le réseau actuel ne permettait pas d’identifier de façon fiable les séismes de faible intensité. Par exemple, le réseau actuel n’a pas permis de détecter 15 des 19 séismes d’une magnitude comprise entre 2,0 ML et 3,0 ML survenus dans le secteur Etscho du bassin de Horn River. Si ces séismes ont été repérés, c’est parce que des sismographes plus sensibles avaient été installés temporairement aux fins de l’étude menée par la Commission.

La Commission et l’Université de Colombie-Britannique mènent conjointement des travaux en vue de recueillir des données permettant de prévoir l’emplacement et la magnitude de phénomènes sismiques qui découlent de la fracturation hydraulique dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Ces données permettront de prévoir, de détecter et d’atténuer plus efficacement ces événements.

Renseignements additionnels

Des renseignements additionnels sur l’enquête de la Commission figurent dans le rapport complet (« Investigation of Observed Sismicité in the Horn River Basin »), lequel est
disponible sur le site Web de la Commission à l’adresse suivante : http://www.bcogc.ca/document.aspx?documentID=1270&type=.pdf (disponible en anglais seulement)

Sources:

Bulletin Énergie 5 septembre 2012 (CA)

http://www.fasken.com/fr/fr/commission_finds_fracking_caused_seismic_events/

Calgary Herald (CA) 7 septembre 2012  (en Anglais)

http://www.calgaryherald.com/business/energy-resources/regulator+says+fracking+causes+minor/7202367/story.html

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