Monsanto investirait 55 M € à Trèbes pour s’agrandir

L’Indépendant, le 29 décembre à 6h00 par Laurent Rouquette |

En d’autres temps, la nouvelle aurait été claironnée sur tous les toits : ce n’est pas tous les jours que l’on annonce l’extension d’un site industriel dans le département de l’Aude, avec un investissement de 55 M€ et une quarantaine d’emplois créés à la clé. Sauf que cette fois, le projet n’émane pas de n’importe quelle entreprise. Il s’agit de la multinationale Monsanto, cible privilégiée des altermondialistes pour son quasi-monople en matière de semences agricoles, et violemment critiquée pour avoir produit le maïs OGM MON 810. Et le site qu’elle projette de développer est celui de Trèbes, où se fabriquait justement le MON 810 jusqu’à son interdiction, et où quelques sacs ont été retrouvés par des manifestants en janvier dernier.
Le projet d’extension a donc été mené dans la plus grande discrétion, tant avec la mairie de Trèbes qu’avec la préfecture de l’Aude, la Région Languedoc-Roussillon et l’agglo du Carcassonnais, compétente en matière de développement économique sur son territoire. Selon nos informations, le projet représenterait un investissement de l’ordre de 55 M€, et prévoirait la création de 40 emplois. Il se développerait sur la zone du Caïrat, située derrière l’implantation actuelle de l’usine, et dont Monsanto aurait acquis la quasi-totalité des terrains, à l’exception des parcelles dévolues aux maisons individuelles. Le permis de construire a été déposé, et la mairie de Trèbes s’apprêterait à lui donner une issue favorable. Mais l’extension n’est pas encore faite pour autant. Monsanto devra ensuite déposer une demande d’autorisation à la préfecture, au titre des installations classées pour la protection de l’environnement.

Ce qui signifie que le projet sera soumis à enquête publique. Vu le nombre d’actions des altermondialistes dont le site a été la cible, cette enquête devrait donner lieu à d’âpres débats. Par ailleurs, ce projet d’extension n’est pas du goût de tous les élus de la communauté d’agglo du Carcassonnais, écartelés entre leur souci de développement économique et leurs positions ouvertement favorables aux anti-OGM
D’autant que la direction de Monsanto se serait engagée à embaucher des salariés de Pilpa, si la fermeture du site de Carcassonne du fabricant de glaces était confirmée. Quant aux anti-OGM, ils confiaient hier n’avoir pas entendu parler du projet, ce qui confirme l’extrême discrétion dans laquelle le dossier a été monté.

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UN SITE SURVEILLE PAR LES ANTI-OGM

Monsanto = OGM. Dans l’esprit des opposants aux organismes génétiquement modifiés, l’équation ne fait pas de doute. Et dans leur esprit toujours, le site de Trèbes et tout ce qui s’y raccroche déclenchent un réflexe de suspicion. Elle qui remonte aux années 2000, au cours des quelles la filiale audoise du géant agroalimentaire mondial avait commercialisé du soja OGM.
Des faits pour lesquels deux de ses anciens dirigeants ont été condamnés en 2007. La dernière intrusion des anti-OGM sur le site Monsanto de Trèbes remonte au 12 février dernier. Les salariés du site quant à eux s’insurgent contre les manifestants. Une préfiguration du bras de fer qui risque de s’engager autour de l’extension future, entre nécessités économiques et vigilance écologique.

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Catastrophe écologique en Louisiane à cause de la fracturation

Elle n’a fait l’objet que de quelques manchettes et c’est pourtant une catastrophe écologique sans précédent qui s’est déroulée le 3 août dernier en Louisiane (Etats-Unis). En l’espace d’une nuit, plus de trois hectares de forêts marécageuses ont été engloutis, laissant place à un gouffre géant rempli d’eau, de saumure, de pétrole et de gaz naturel. D’après le site Truth-Out, les premiers signes du désastre sont apparus au printemps 2012 avec l’apparition de bulles dans les bayous, ces étendues d’eau formées par les anciens bras du Mississippi. Puis les résidents du comté d’Assumption Parish ont commencé à ressentir de petits tremblements de terres. Avant que la terre ne finisse soudainement par céder.

Crédit photo : OHSEP (prise le 21 août 2012)

La compagnie Texas Brine est dans le viseur des autorités publiques. Cette entreprise de forage et stockage basée à Houston traite depuis des années une caverne de sel souterraine, située sous la zone du gouffre, recourant à des techniques de fracturations. La saumure salée produite par ses puits est un élément vital pour l’industrie pétrochimique, rappelle Truth-Out. Des puits de forage pouvant atteindre 500 mètres ont été creusés pour repousser la saumure vers la surface. Or, selon certains géologues, « la pression dans la caverne aurait provoqué un « frack out » ». Autrement dit, la pression pour extraire la saumure de manière verticale aurait été trop forte, fracturant la roche vers la surface et provoquant l’effondrement de terrain.

Quatre mois après les faits, 300 résidents vivant à proximité du gouffre dénommé « Bayou Corne » n’ont toujours pas pu regagner leur domicile. La compagnie Texas Brine est astreinte au versement d’une somme hebdomadaire de 875 $ à chaque ménage évacué. La société a également été condamnée à une amende de 100 000 $ par le commissaire de la Conservation de Louisiane, ce 1er décembre, pour ne pas avoir empêché la contamination des cours d’eau avoisinants. A l’heure actuelle, des quantités incalculables de pétrole et de gaz continuent de s’échapper de Bayou Corne. Même si la technique utilisée est différente, faut-il y voir un avant goût des impacts de l’extraction des huiles et gaz de schiste ?

Lettre d’information du réseau « Sortir du nucléaire »

Pollution radioactive à la centrale de Golfech : victoire contre EDF

> En 2010, des manquements à la réglementation avaient débouché sur une importante pollution de la nappe phréatique sous la centrale de Golfech. Nous avons attaqué EDF, qui a été condamnée en appel ce 3 décembre. Une victoire inédite qui permettra de mettre fin à l’impunité des pollueurs !

Chaîne humaine à Paris pour l’arrêt du nucléaire : les préparatifs avancent !

> Le trajet et le déroulement de la chaîne humaine du 9 mars se précisent. Dès maintenant, mobilisez autour de vous en commandant des tracts et affiches, et diffusez l’information en rejoignant notre page Facebook !

Neuf Prix Nobel de la Paix demandent la sortie du nucléaire

> Nous publions ici la traduction inédite d’une lettre ouverte pour la sortie du nucléaire co-signée par 9 personnalités récompensées par le Prix Nobel de la Paix.

De l’EPR à Notre-Dame des Landes, stop aux grands projets inutiles imposés !

> De l’aéroport de Notre-Dame des Landes au futur site d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure, en passant par ITER et l’EPR, refusons les grands projets inutiles ! Ces projets d’un autre âge, polluants et coûteux, sont des obstacles à une société de sobriété. Le Réseau « Sortir du nucléaire » marque sa solidarité et invite à la convergence des luttes.

Venez prêter main-forte à la vigie pour l’indépendance de l’OMS !

> Depuis quelques mois, une vigie a lieu tous les vendredis à Paris devant le Ministère de la Santé, pour dénoncer les mensonges sur les conséquences sanitaires du nucléaire et exiger l’indépendance de l’Organisation Mondiale de la Santé.

La fracturation hydraulique implique l’utilisation d’explosifs bardés d’uranium dit « appauvri », comme les obus !

On savait déjà que les forages en profondeur font remonter en surface les élèments radioactifs qui y sont enfouis, essentiellement l’uranium et ses descendants comme le radium (voir en annexe le texte de la Criirad communiqué en mars 2011, et un article récent). Mais on découvre que la technologie necessite l’utilisation de « charges creuses », et que ces explosifs sont bardés d’uranium comme les roquettes anti char et les obus militaires.

En effet dans une réponse écrite faite à Charlie Regol (Hérault) par M. Riviere, celui-ci confirme « C’est le même principe que les roquettes antichar ». Cette information est très importante car si la présence d’un métal tel que l’uranium rend les explosifs plus pénétrants, cela engendre, dispersé en poussière par l’explosion, la dangereuse contamination des nappes d’eau et des boues remontées à la surface..

M. Riviere précise « Dans un puits à gaz ou à pétrole on descend un tubage d’un diamètre de 5 pouces (en général) au droit de la formation que l’on veut exploiter. Ce tubage est cimenté entre l’extérieur du tubage et le trou qui a été foré (….) Quand on veut mettre la formation de pétrole ou de gaz en exploitation, il faut crépiner ce tubage car il est étanche. C’est à ce moment que l’on descend ces charges creuses (…) pour percer le tubage. Ces charges creuses provoquent un orifice de 15 à 20 millimètres de diamètre dans l’acier et le ciment, et cela ne va pas plus loin. » .

« Cela ne va pas plus loin » dit M. Rivière, mais cela est en contradiction avec la réponse faite par M. Medaisko, géologue, toujours à Charles Rigol. On y trouve la phrase suivante qui montre qu’en fait cela va plus loin : « Nous avons un problème avec les fissures car il est assez difficile de les contrôler… »

Il emploi les mots « fissures » « fissuration » « fissurer la roche » bien moins fort que « fractures » ou autres et avoue que tout cela est bien incontrôlable. On imagine mal comment ils vont parvenir à contrôler la perforation induite par leur charges creuses ou autre fracturation par l’hélium par exemple.

On trouve aussi des informations intéressantes dans un rapport du 5 février 2010 de Schlumberger qui précise bien le risque d’être confronté à des actions en responsabilité civile importante, concernant « l’utilisation de matières dangereuses, de matières radioactives et d’explosifs (….), des terrains contaminés et de leur réhabilitation, (…), dommages corporels ou dégradations de biens provoqués par l’exposition à des substances dangereuses… ».

Il en résulte pour Sclumberger une double inquiétude qui ne concerne pas les conséquences pour les personnes ni sur l’environnement mais  «l’impact négatif sur notre trésorerie », et sur le fait que « notre assurance pourrait ne pas nous couvrir de façon appropriée »…..

Enfin notons qu’un courrier du 1/10/12 de Charlie R. à Delphine Batho ministre de l’écologie à ce sujet n’a pas reçu de réponse.

Concluons, Nous pouvons donc légitimement nous alarmer de l’utilisation de charges explosives contenant de l’uranium comme des obus. Comment sont-elles gérées, transportées, stockées ? Les boues remontées par les forages qui contiennent de la radioactivité naturelle, et de la radioactivité due aux explosifs sont-elles abandonnées sur place, avec des risques de pollution, ou sont-elles gérées comme des déchets nucléaires ?

Cela signifie aussi que les nappes d’eau fossiles et phréatiques traversées courront le risque de contamination non seulement chimique mais aussi radioactive.

De toutes façons le courrier de M. Riviere ne laisse aucun doute. Il faut donc dénoncer ce risque supplémentaire et inconnu de beaucoup d’entre nous, dénoncer que des entreprises puissent se promener avec des explosifs contenant de l’uranium sans que nous connaissions les garanties de protection du personnel et des populations, dénoncer la gestion des boues extraites.

Il faudrait qu’un collectif se charge de prendre contact avec la Criirad pour organiser un prélèvement de boue en vue d’une analyse complète.

Decembre 2012, Eva marion géologue, Pierre Péguin physicien, sur la base d’élèments réunis par Charlie Rigol viticulteur.

 

Annexes :

http://nonauxgazdeschistes.blogspot.com/2011/03/la-criirad-souligne-le-risque.html

Alors que le débat autour du nucléaire n’a jamais semblé autant d’actualité, la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité) a tenu à relier la question du risque radioactif à l’exploitation future des réserves de gaz de schiste.

Dans un dossier <http://www.scribd.com/doc/51700189&gt; paru au cours du mois de mars, elle souligne « les risques peu connus d’exposition à la radioactivité causé par l’exploitation de ces réserves », et s’affaire à identifier les principaux phénomènes de pollution radioactive engendrés par cette ressource nouvelle :

– radium dans le tartre des canalisations

– eau: contamination des nappes suite à la fracturation hydraulique

– eau: rejet d’effluents radioactifs liquides lors de la remontée des fluides de forages

– air: émanation de radon.

Regrettant que l’Etat ne se soit pas « soucié d’évaluer les risques avant de délivrer les autorisations d’exploration », la CRIIRAD regrette également que la mission d’analyse des enjeux économiques, sociaux et environnementaux des gaz de schiste ait été confié au CGEDD et au CGIET, organismes ayant « obligatoirement été consulté avant l’attribution de chaque permis d’exploration », et pour lesquels « le conflit d’intérêt est manifeste ».

Elle appelle ainsi de ses vœux une refonte des l’étude d’impact pour chaque dossier de concession, afin d’y inclure, avant la phase exploratoire :

– une évaluation des caractéristiques radiochimiques des formations explorées

– un point zéro de la radioactivité des eaux de surface et souterraines ainsi que du radon dans l’air ambiant

– la description précise des techniques de traçage envisagées pour l’étude des forages.

A titre d’exemple, Ian Urbina, journaliste au New York Times, a pu récemment se procurer des documents attestant de quantité de radium dans l’eau dépassant de 20, 100, 250, parfois même plusieurs milliers de fois les limites légales dans l’Etat de Pennsylvanie.

Gaz de schiste : la contamination radioactive refait surface

Écrit par Yves Heuillard  Le 25 novembre 2012

Les précisions sur le risque radioactif lié à l’exploitation des gaz de schiste sont issues d’un rapport de E. Ivan White, scientifique au Conseil américain pour la mesure et la protection des rayonnements (National Council on Radiation Protection & Measurements, NCRP). Ici le rapport rendu public par l’association newyorkaise Grassroots Environmental Education qui vise à l’éducation du public sur la santé et l’environnement.

Tout ou presque a été dit sur les risques de la fracturation hydraulique : pollution possible des nappes phréatiques par les produits chimiques utilisés par la fracturation, pollution par les hydrocarbures eux-mêmes, remontées de méthane (ou d’autres gaz) à la surface.

Selon le rapport la fracturation hydraulique provoque d’importantes remontées à la surface d’éléments radioactifs dans les liquides issus de la fracturation. Le rapport indique que les éléments radioactifs issus des schistes de Marcellus (nom de la couche géologique riche en gaz dans l’est des Etats-Unis) font partie des éléments radioactifs à vie longue et que par conséquent ils peuvent s’accumuler dans la chaîne alimentaire et engendrer des doses de radiations dangereuses pour des millions de personnes.

Ivan White cite en particulier le radium-226 et le radium-228, qui peuvent se retrouver à la surface sous forme solide et liquide, du fait du processus d’exploitation. L’auteur analyse la dispersion dans l’environnement de ces radioéléments et conclut : « ils restent actifs et potentiellement mortels et peuvent se retrouver des années plus tard dans des endroits imprévisibles. Ils s’accumulent dans la chaîne alimentaire, jusqu’à l’homme ».

Rappelons que le radium-226 a une demi-vie de 1600 ans. C’est à dire qu’en 1600 ans il pert seulement la moitié de sa radioactivité. C’est un corps particulièrement dangereux parce que l’organisme l’assimile comme le calcium et, fixé dans les os, il est potentiellement source de cancers.

Une anguille sous roche bien gênante.

Dans son rapport Ivan White prend des précautions très appuyées pour montrer que contrairement à l’industrie nucléaire « qui suit précisément toute la production d’éléments radioactifs jusqu’à leur destination finale sûre », la réglementation concernant la fracturation hydraulique est très insuffisante. Le propos rapporté ici entre guillemets est évidemment incorrect puisque les équipements nucléaires rejettent, en fonctionnement normal, des effluents radioactifs gazeux et liquides dans l’air, les rivières, et les océans ; et que la notion de « destination finale sûre » est plus que controversée.

Notons enfin que le problème soulevé par le Conseil américain pour la mesure et la protection des rayonnements, n’est pas nouveau. Le département américain de l’énergie (DOE) et General Electric ont engagé depuis 2011 deux millions de dollars pour permettre d’isoler les matériaux radioactifs des boues et liquides de la fracturation hydraulique (Source Forbes). En Pennsylvanie haut lieu de l’exploitation des gaz de schiste (de l’ordre de 100 000 puits de forage), des rejets liquides ont été déversés dans les rivières alimentant le réseau d’adduction d’eau potable sans test de radioactivité. Le New York Times, qui rapporte l’information en février 2011 sur la base de documents officiels jamais rendus publics, précise que le niveau de radioactivité des rejets liés à la fracturation hydraulique est bien plus élevé que la réglementation ne l’autorise.

A propos des enveloppes d’uranium.

Rappelons que les obus modernes sont à tête d’uranium, et on précise d’uranium « appauvri ». Appauvri signifie qu’il y a moins de la forme d’uranium nécessaire à la réaction de fission dans les réacteurs (U235), et davantage de la forme d’uranium la plus répandue (U238). Mais c’est toujours de l’uranium tout aussi dangereux, émetteur alpha, qu’on a répandu en Irak et ailleurs. Ce matériau est issu de « l’enrichissement » à l’usine du Tricastin, on ne sait qu’en faire, il est donc disponible à bon compte.

Roland Desbordes, de la Criirad, précise que à défaut de pouvoir détecter le rayonnement alpha de l’uranium avec un petit contrôleur, on détecte logiquement le radium, Ra 226 en premier car dans la chaine de l’U238 dont il descend, c’est l »élément le plus soluble dans l’eau et en plus un bon émetteur gamma pouvant être détecté au compteur Geiger. Roland Desbordes ajoute « mais cela ne veut pas dire que les autres radioéléments ne sont pas présents …et certains (comme le Po210) bien plus toxique que l’U donc qui peuvent avoir un impact sanitaire supérieur à quantité de Bequerels inférieure ! il faudrait faire une vraie analyse spectrogamma de la boue».

 

 

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Projection du film « Tous cobayes » à Carcassonne jeudi 13 décembre


21h au cinéma le Colisée, Carcassonne.

 Présentation du film :

> Les réalisateurs donnent la parole à de nombreuses personnes qui agissent pour faire connaître les réels impacts sanitaires de l’atome, du Mouvement pour l’Indépendance de l’OMS aux fermiers de Fukushima.

> De 2009 à 2011, et dans le secret le plus absolu, le Professeur Gilles-Eric Séralini a mené une expérience aux conséquences insoupçonnables, au sein du CRIIGEN*. Il s’agit de la plus complète et de la plus longue étude de consommation d’un OGM* agricole avec le pesticide Roundup faite sur des rats de laboratoire et les conclusions qui vont en être tirées sont édifiantes…

> Après le terrible accident de Tchernobyl en avril 1986, l’invisible poison nucléaire a resurgit avec l’explosion de la centrale de Fukushima en mars 2011 faisant des dégâts matériels, humaines et écologiques innommables.

> OGM, Nucléaire : L’Homme s’est approprié ces technologies sans faire de tests sanitaires ni environnementaux approfondis alors que la contamination irréversible du vivant est réelle. Serions-nous tous des cobayes ?

> * Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique.
> * Le Maïs NK 603 de Monsanto, cultivé sur 80% du sol américain, importé en Europe avec le pesticide Roundup

 

>  Pour plus d’info et voir la bande-annonce…

> Tarif réduit pour les adhérents Nature et Progrès Aude à jour de leurs cotisations.

> Contact :
> Nature et Progrès Aude 04 68 20 94 75
>

> Retrouvez toutes les villes où des projection-débats sont déjà programmées sur www.touscobayes-lefilm.com (remis à jour chaque mercredi).

> Informez et participez à la diffusion en organisant des projection-débats près de chez vous !
>  contact@jplusb.fr
>  Tel : 01 34 75 83 06


>

Laure Gamba
Coordinatrice nationale des groupes et actions
> Réseau « Sortir du nucléaire »
> Fédération de plus de 900 associations
> Agréée pour la protection de l’environnement
> 9 rue Dumenge
> 69317 Lyon cedex 04
> bureau : 04.78.28.29.22
> portable : 07.60.15.01.23
> laure.gamba@sortirdunucleaire.fr
>

Première nationale : EDF condamnée pour ses manquements à la réglementation nucléaire

 C’est une première ! Lundi 3 décembre, EDF a été condamnée par la Cour d’appel de Toulouse à 4000 euros d’amende pour de multiples négligences ayant conduit, en janvier 2010, au déversement de 450 litres d’effluents radioactifs dans le milieu naturel par la centrale nucléaire de Golfech. Une condamnation qui ouvre la voie à bien d’autres…

© EDF 2010> Les deux réacteurs de la centrale de Golfech sont situés sur les berges de la Garonne, entre Agen et Toulouse et à environ 40 km de Montauban.

> Janvier 2010 : déversement radioactif dans l’environnement

> En janvier 2010, selon une auto-estimation d’EDF, 450 litres d’effluents radioactifs provenant de la centrale de Golfech ont été accidentellement déversés dans le milieu naturel. À la suite de cet évènement grave, du tritium a été découvert dans la nappe phréatique sous la centrale. Bien que la composition exacte du rejet intempestif ne soit pas précisément déterminée, il est établi que ce dernier comportait de nombreux autres radioéléments en plus du tritium.

> Après enquête, il s’avère que ce déversement a été causé par un enchaînement de défaillances techniques au sein de la centrale.

> Des manquements à la réglementation technique pour la première fois sanctionnés

> Face à cette pollution inacceptable du milieu naturel, le Réseau « Sortir du nucléaire », France Nature Environnement Midi-Pyrénées et les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, soutenus par de nombreuses associations locales, ont décidé de porter plainte. Le Parquet n’ayant pas engagé de poursuites, EDF a été citée directement devant les juridictions.

> Le 29 mars 2012, le tribunal de police de Castelsarrasin a relaxé EDF, en dépit des réquisitions du procureur. Les associations et le Parquet ont fait appel de cette décision. L’audience devant la Cour d’appel de Toulouse a eu lieu le 1er octobre 2012. L’avocat général, représentant du Ministère public en appel, a requis une condamnation pour deux des trois infractions soulevées par les parties civiles. L’affaire a été mise en délibéré et le verdict a été rendu le 3 décembre 2012. EDF a été reconnue coupable de deux infractions et a été condamnée à payer 2000 euros d’amende pour chacune et à reverser 1500 euros de dommages et intérêts à chacune des parties civiles.

> Cette condamnation relative à des problèmes d’application de la réglementation technique en matière nucléaire est une première ! Le Réseau « Sortir du nucléaire » se félicite donc de ce verdict et espère qu’elle marquera un tournant dans la jurisprudence en ce domaine, pour mettre fin à l’impunité des pollueurs.

> Retrouvez tout l’historique de cette procédure : http://groupes.sortirdunucleaire.org/Golfech-EDF-hors-la-loi

Graine de révolte au pays du gaz de schiste (Le Monde)

édition du 30/11/12 – Aux Etats-Unis, les habitants de Longmont ont voté l’interdiction de la fracturation hydraulique. Une première

> Le 6 novembre, le résultat du vote des 80 000 habitants de Longmont (Colorado) a fait moins de bruit que la réélection de Barack Obama. Marquant le début d’une fronde citoyenne contre l’exploitation du gaz de schiste, il pourrait compliquer la stratégie énergétique d’un président qui compte sur les immenses réserves du pays en gaz pour réaliser l’une des promesses phares de sa campagne : l’indépendance énergétique des Etats-Unis en 2020.

> Ce jour-là, en même temps que le choix du président, les électeurs de cette cité résidentielle nichée au pied des Rocheuses étaient aussi invités à se prononcer sur une proposition de texte interdisant la fracturation hydraulique (fracking) sur le territoire de la commune. Cette technique, la seule permettant aujourd’hui d’exploiter le gaz de schiste, consiste à fracturer les roches du sous-sol en injectant à très haute pression de l’eau mélangée à du sable et à des produits chimiques, afin de faire jaillir le gaz. Pareils forages font courir le risque d’une contamination des nappes phréatiques et rejettent dans l’atmosphère une importante quantité de méthane.

> A Longmont, les 500 000 dollars (386 596 euros) investis par les compagnies gazières dans une campagne de mailing et de publicité destinée à convaincre de l’innocuité de cette technique créatrice d’emplois et à tuer dans l’oeuf le référendum n’ont pas suffi : par 59 % contre 41 %, les habitants ont approuvé l’interdiction.

> Ce vote  » ignore notre besoin crucial du gaz et de ses dérivés pour produire de l’électricité et répondre aux besoins du commerce et des transports « , a protesté l’association des producteurs de gaz du Colorado, tandis que sept anciens maires de la ville ont fustigé  » les accusations sans fondement sur la santé et la sécurité de notre communauté « , dénonçant la  » guerre au fracking «  menée  » par des militants au mépris des faits « . Les producteurs s’apprêtent à porter plainte pour entrave aux droits de forages qu’ils ont acquis en ville. Ils entendent aussi réclamer à la municipalité des indemnités pour les propriétaires des terrains concernés.

> Les industriels ne sont pas les seuls à préparer la contre-offensive. Le gouverneur (démocrate) du Colorado, John Hickenlooper, menace d’attaquer en justice la ville de Longmont, arguant que seul l’Etat a le droit de réglementer les forages. Il faut dire que, pour sa campagne électorale de 2010, le gouverneur, ancien géologue dans une compagnie de forage, a reçu 76 441 dollars (59 103 euros) de l’industrie gazière, d’après la liste des contributions rendues publiques.

> En face, les opposants au gaz de schiste exultent et saluent un  » soulèvement citoyen « . Leur mouvement a démarré en 2011, lorsqu’il a été question d’implanter un puits de forage à proximité d’un collège et d’un lac apprécié des baigneurs. L’alerte avait été sonnée par la publication d’une étude de l’université du Colorado, selon laquelle les personnes vivant dans un rayon d’un demi-mile (805 mètres) autour d’un site de fracturation hydraulique sont exposées à des rejets toxiques cinq fois supérieurs aux normes. Rapidement, 8 200 signatures ont été collectées pour que soit soumise au vote la question de l’interdiction.

> Il s’agissait moins de défendre une cause planétaire que de protéger sa famille, sa maison et son jardin.  » Nous avons montré que l’argent des pétroliers ne leur permet pas toujours de gagner et que notre droit constitutionnel à la santé, à la sécurité et à la protection de la propriété n’est pas à vendre « , se félicite Michael Bellmont, l’un des initiateurs de la campagne. Depuis le 6 novembre, la protestation a fait tâche d’huile dans les villes environnantes où les puits ont poussé comme des champignons, y compris en plein milieu de lotissements, et où des norias de camions approvisionnent en eau les sites de fracking.

> La fronde de Longmont n’est pas le premier mouvement anti-gaz de schiste aux Etats-Unis depuis que la ruée vers le gaz, partie du Texas, a semé des centaines de milliers de puits dans le Dakota du Nord, en Pennsylvanie et dans le Colorado. Dans son documentaire choc Gasland, Josh Fox a filmé l’eau qui s’enflamme en sortant de robinets à Dimock (Pennsylvanie), où l’on extrait le gaz de schiste. Dans l’Etat de New York, Lady Gaga et Yoko Ono ont rejoint la contre-croisade.

> L’initiative discrète mais radicale des citoyens du Colorado, restés jusque-là en dehors des radars militants et médiatiques, pourrait donner une autre dimension au débat, après la présidentielle. L’organisation écologiste Sierra Club vient de lancer une campagne destinée à faire pression sur l’administration Obama en faveur d’une réglementation plus stricte d’un secteur qu’elle qualifie de  » sale, dangereux et incontrôlable « .

> La prochaine salve pourrait venir de Promised Land, un film anti-fracking. Matt Damon y campe un représentant d’une compagnie gazière chargé d’obtenir des droits de forage de petits paysans frappés par la crise. Avant même la sortie du film, en décembre, la polémique a commencé : les partisans du gaz de schiste soulignent que le film a été cofinancé par une société détenue par les Emirats arabes unis dans le but de perpétuer la dépendance américaine à l’égard du pétrole étranger.

> Philippe Bernard

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