La découverte aux Etats-Unis de blé transgénique d’origine inconnue agite le marché mondial

LE MONDE | 31.05.2013 à 12h07 • Mis à jour le 31.05.2013 à 17h00Par Gilles van Kote

Quelques plants de blé transgénique découverts dans une ferme de l’Oregon ont semé le trouble, jeudi 30 mai, sur le marché mondial de la céréale. Le département américain de l’agriculture (USDA) avait annoncé la veille, dans un communiqué, que « les résultats de tests effectués sur des échantillons de végétaux venant d’une ferme de l’Oregon indiquaient la présence de plants de blé transgénique résistants au glyphosate », le principe actif contenu dans des herbicides comme le Roundup. Des essais en plein champ de ce type de blé ont été menés par Monsanto entre 1998 et 2004 avant d’être abandonnés.

Le Japon a aussitôt annulé un appel d’offres portant sur près de 25 000 tonnes de blé américain, alors que la Commission européenne conseillait aux Vingt-Sept de procéder à des tests sur les cargaisons de blé en provenance des Etats-Unis, premier exportateur mondial. Bruxelles a affirmé avoir contacté Monsanto afin que le groupe américain lui précise la méthode et le matériel à employer pour les réaliser. La variété concernée, du blé tendre blanc, représente néanmoins une part négligeable des importations européennes en provenance des Etats-Unis.

« Je ne serais pas surpris si d’autres pays commençaient à annuler ou à réduire leurs achats de blé américain, notamment des pays asiatiques, ce qui mettrait la demande de blé sous pression », a confié Joyce Liu, de la société singapourienne de négoce Phillip Futures, à l’agence Reuters. Jeudi, en début d’après-midi, le cours du blé à la Bourse de Chicago, déjà orienté à la baisse depuis un mois en raison des perspectives de bonnes récoltes mondiales, enregistrait une chute de 1 %, mais restait stable à la clôture.

Le blé transgénique a été découvert dans une exploitation agricole de l’est de l’Oregon, dont la localisation précise a été tenue secrète par les autorités américaines. Des employés ont aspergé les champs de glyphosate afin d’empêcher l’apparition de mauvaises herbes entre deux récoltes. La résistance de plants de blé a attiré l’attention du fermier, qui les a fait analyser par l’université de l’Etat d’Oregon.

UNE GRAINE DE BLÉ PEUT GERMER PLUSIEURS ANNÉES APRÈS AVOIR ÉTÉ PRODUITE

Les tests ayant démontré qu’il s’agissait de variétés de blé transgénique dites « Roundup Ready », l’université a alerté l’USDA, dont les analyses ont confirmé les résultats. « Il n’existe pas de variété de blé génétiquement modifié dont la vente ou la production commerciale soit autorisée aux Etats-Unis ou ailleurs à cette date », a rappelé le département de l’agriculture, qui a voulu se montrer rassurant en précisant que « la détection de cette variété de blé ne pose pas de problème de sécurité alimentaire. »

L’USDA a lancé une enquête officielle pour déterminer l’origine de cette dissémination, qui intervient des années après que Monsanto a interrompu ses recherches, les principaux pays importateurs de blé américain ayant fait savoir qu’ils n’achèteraient pas de variétés transgéniques. « Notre priorité est de déterminer aussi vite que possible les circonstances et l’étendue de la situation », a déclaré Michael Firko, un responsable du service d’inspection sanitaire animale et végétale de l’USDA.

« Il faudrait savoir si ce fermier a participé aux essais de Monsanto ou si ceux-ci ont eu lieu à proximité de son exploitation, et où il se fournit en semences, même si on voit mal comment des semences conventionnelles et transgéniques auraient pu être mélangées », affirme Catherine Feuillet, de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui précise qu’une graine de blé peut germer plusieurs années après avoir été produite.

Dans un communiqué, Monsanto rappelle qu’il s’agit du premier cas depuis l’interruption de ses recherches et s’interroge sur la fiabilité des analyses effectuées, tout en affirmant sa volonté de coopérer avec l’USDA pour déterminer l’origine de la dissémination.

« Il s’agit d’une sérieuse remise en cause de leur système d’essais en plein champ, qui met en danger les fermiers et toute la filière du blé », estime pour sa part Bill Freese, un expert du Center for Food Safety, une ONG opposée aux organismes génétiquement modifiés, interrogé par l’agence Bloomberg.

Gilles van Kote

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Pour les abeilles!!

ATTENTION !

> La pseudo-interdiction des néonicotinoides annoncée par la Commission Européenne est en fait un leurre échafaudé par les firmes agrochimiques pour faire accepter définitivement leurs pesticides tueurs d’abeilles!

> Si nous n’agissons pas immédiatement, ce plan entrera en vigueur dans les jours qui viennent.

> Signez vite la pétition pour les stopper !

>

Une gigantesque escroquerie est en train de se mettre en place à Bruxelles, aux dépens des abeilles, de la biodiversité… et de tous les citoyens qui se battent depuis des années pour faire interdire les pesticides « tueurs d’abeilles » en Europe et dans le monde !

> > > Nous devons la stopper net, avant qu’elle n’ait des conséquences dramatiques sur nos cultures et notre alimentation à l’avenir. Je vous demande de signer de toute urgence la pétition européenne ci-jointe et de la faire circuler autour de vous autant que vous le pourrez.

> > > Il n’y a pas un instant à perdre.

> > > Après des années de lutte acharnée des citoyens et des apiculteurs, la Commission européenne s’est officiellement décidé à interdire 3 pesticides néonicotinoïdes extrêmement dangereux pour les abeilles (1).

> > > Les associations ont crié victoire et baissé la garde. Pourtant…

> > > Le compromis que devrait adopter Bruxelles est en réalité un plan désastreux imposé par les multinationales agrochimiques comme Bayer, Syngenta et compagnie, qui mènent depuis des mois un lobbying effrené et extrêmement agressif pour arriver à ce résultat (2).

> > > Objectif : Contrer la volonté des citoyens européens et empêcher l’interdiction REELLE des pesticides tueurs-d’abeilles – malgré les recommandations expresses des autorités sanitaires françaises et européennes (3)… Pour sécuriser les centaines de millions d’euros de profit annuel que ces produits rapportent aux grosses firmes qui les produisent !

> > > Officiellement, les 3 pesticides les plus dangereux seront interdits pour une durée-test de deux ans à l’issue de laquelle les autorités sanitaires contrôleront si l’interdiction a mis un terme au massacre des abeilles, et s’il faut ou non interdire définitivement les néonicotinoides.

> > > Or, cette soi-disant interdiction n’aura aucun effet sur la santé des abeilles !

> > > En fait, les 3 pesticides tueurs-d’abeilles seront interdits seulement quelques mois par an… et largement utilisés tout le reste de l’année – sur près de 85% des céréales, et sur une grande partie des cultures de fruits, légumes et herbes aromatiques – empoisonnant largement les sols et l’eau absorbés ensuite par les cultures soi-disant « non-traitées ».

> > > De nombreuses études ont montré que ces substances ultra-toxiques peuvent rester présentes dans le sol jusqu’à trois ans après le traitement (4), et que les cultures non-traitées replantées sur le même terrain révèlent des traces de néonicotinoïdes jusque dans leur pollen… que viennent ensuite butiner les abeilles ! (5)

> > > A la fin de la période-test de deux ans, les multinationales pourront prouver que les abeilles continuent d’être décimées malgré la soi-disant interdiction de leurs produits, et qu’ils n’y sont pour rien. Ils auront réussi à blanchir leurs pesticides et à maintenir leurs profits – et pour longtemps !

> > > C’est un plan diabolique, qui nous promet un désastre environnemental sans précédent.

> > > Nous pouvons encore empêcher ça. MAIS IL FAUT AGIR VITE : d’ici quelques jours, la Commission européenne se prononcera sur sa version définitive du règlement européen concernant ces 3 pesticides tueurs d’abeilles.

> > > Nous devons agir avant, pour exiger l’interdiction REELLE de ces pesticides ! Signez dès maintenant la pétition européenne pour contrer les lobbys en cliquant ici !

> > > Si nous ne faisons rien, voici ce qui va se passer dans les 2 prochaines années :

> > > – les pesticides néonicotinoïdes continueront à être utilisés pour les cultures d’hiver, imprégnant ainsi durablement les sols et l’eau…

> > > – les cultures de printemps et d’été ‘non traitées’ seront infectées par les résidus de ces pesticides, et empoisonneront les abeilles…

> > > – la mortalité massive des abeilles ne déclinera pas, malgré la soi-disant ‘interdiction’ des néonicotinoïdes

> > > – Syngenta, Monsanto, Bayer et tous les laboratoires agrochimiques pourront à loisir clamer que leurs produits n’ont rien à voir avec la mortalité des abeilles, et obtenir leur réhabilitation totale sur le marché.

> > > Et là, il ne nous restera plus que nos yeux pour pleurer…

> > > Il faut tuer dans l’œuf ce plan démoniaque, et exiger de la Commission européenne qu’elle interdise purement et simplement ces pesticides tueurs d’abeilles, comme elle prétend le faire d’ailleurs !

> > > Pas de compromissions, pas de petits arrangements… Si l’on doit faire un test de 2 ans pour évaluer réellement l’impact de ces pesticides sur les pollinisateurs, alors allons-y franchement !

> > > Les agriculteurs eux-mêmes n’auraient pas à y perdre :

> > > d’après l’INRA, on pourrait réduire rapidement la consommation de pesticides en France de 30 à 40 % – sans aucune perte de revenus pour les agriculteurs – en revenant simplement à un système de rotation des cultures qui permettrait de combattre efficacement les parasites en réduisant durablement l’usage des traitements chimiques (6).

> > > Ca représente tout de même, pour la France uniquement, plus de 20 000 tonnes de substances ultra-toxiques déversés chaque année en pure perte dans nos campagnes !

> > > En fait, les seuls qui seraient ébranlés, ce seraient les chiffres d’affaires des géants de l’agrochimie… Mais la Nature n’a que faire de leurs profits !

> > > Alors s’il vous plaît, aidez Pollinis à créer une véritable onde de choc à travers le pays et l’Europe toute entière, pour que notre pression sur la Commission européenne soit plus forte que celle des lobbys agrochimistes qui sacrifieraient sans vergogne votre santé, votre alimentation et l’avenir même de la Nature pour satisfaire à leurs profits immédiats.

> > > Signez la pétition, et transmettez cet email à un maximum de personnes autour de vous.

> > > D’avance, merci !

> > >

> > > Nicolas Laarman
> Délégué général Pollinis
> Conservatoire des Fermes et de la Nature

> > >

> > > Pour en savoir plus :

> > > 1- Le texte de la Commission européenne interdisant 3 néonicotinoïdes :

> > > http://www.pollinis.org/IMG/doc/regulation_commission_europeenne_interdiction_3_neonicotinoides.doc

> > > 2- L’excellent rapport de Corporate Union Observatory sur le sujet (en anglais) :

> > > http://corporateeurope.org/publications/pesticides-against-pollinators

> > > Ou ici en français, le bon petit résumé publié en ligne dans le Journal de l’environnement :

> > > http://www.journaldelenvironnement.net/article/comment-le-lobby-des-pesticides-se-bat-pour-les-neonicotinoides,34147

> > > 3- Début 2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié un rapport confirmant que les néonicotinoides présentent un risque important pour les abeilles et les pollinisateurs :

> > > http://www.efsa.europa.eu/en/press/news/130116.htm?utm_source=homepage&utm_medium=infocus&utm_campai gn=beehealth

> > > 4 -Les néonicotinoides persistent dans l’environnement, la demi-vie de la clothianidine dans le sol a été mesurée à 148 à 6900 jours par l’Agence de protection de la santé américaine :

> > > http://www.epa.gov/pesticides/chem_search/cleared_reviews/csr_PC-044309_2-Nov-10_b.pdf

> > > Voir aussi l’étude de J. DeCant et M. Barrett publiée en 2010 dans la revue Environmental Protection (pp. 1-99) : Environmental Fate and Ecological Risk Assessment for the Registration of CLOTHIANIDIN for Use as a Seed Treatment on Mustard Seed (Oilseed and Condiment) and Cotton.

> > > 5- La persistance des néonicotinoïdes contamine l’environnement au sens large, notamment le pollen.

> > > L’imidaclopride par exemple peut être absorbée par des cultures non-traitées, jusqu’à deux ans après la première utilisation, et peut se retrouver dans le pollen et le nectar des fleurs non traitées à des niveaux toxiques pour les abeilles :

> > > Bonmatin, J. M., et al . (2003) A sensitive LC/APCI/MS/MS method for analysis of imidacloprid in soils, in plants and in pollens. Anal. Chem. 75 (9), 2027-2033.

> > > En 2002 et 2003, 69,1% du pollen récolté par les abeilles de 25 ruchers dans cinq départements français, sur des plantes traitées et non traitées étaient contaminés par de l’imidacloprid, bien que cette neurotoxine ait été interdite à l’utilisation sur le tournesol en janvier 1999 :

> > > Chauzat M.P. et al (2006). A survey pesticides residues in pollen loads collected by honey bees in France. Journal of Economic Entomology, 99:253-262

> > > 6- Rapport Ecophyto R&D de l’INRA : « Réduire l’usage des pesticides » :

> > > http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Ecophyto-R-D

> > >

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