[Aude] Narbonne. Dans le coffre-fort nucléaire audois

Veuillez trouver ci-dessous :
> – un communiqué du Réseau « Sortir du nucléaire » concernant son dépôt de plainte contre la Comurhex Malvési
> – un article de la Dépêche du Midi suite à ce dépôt de plainte

> Comurhex Malvési – Absence d’autorisation INB pour deux bassins d’entreposage

> Des analyses menées en 2009 à Comurhex Malvési ont révélé qu’une partie des bassins situés sur le site, placée sous le régime des installations classées, devait relever du régime juridique des installations nucléaires. Ces bassins ont donc existé pendant plusieurs années sans l’autorisation requise. Le Réseau « Sortir du nucléaire » a porté plainte.
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> L’usine Comurhex (Société pour la conversion de métal uranium en hexafluorure) de Malvési a été créée en 1971 par la fusion de deux sociétés préexistantes (SUR et SUCP). Elle appartient au groupe Areva. Elle intervient dans l’amont du cycle du combustible nucléaire. Elle développe ses activités dans la conversion de l’uranium naturel en produisant du tétrafluorure d’uranium (UF4) à partir de concentrés miniers. L’UF4 est ensuite acheminé vers Pierrelatte pour être transformé en hexafluorure (UF6).
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> Le procédé de transformation produit des effluents liquides contenant des boues nitratées chargées en uranium naturel. Ces effluents sont décantés et évaporés dans des lagunes. La boue est entreposée dans des bassins et le surnageant est évaporé dans des lagunes d’évaporation.
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> Jusqu’en 2009, l’ensemble de l’usine était soumis au régime des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) Seveso seuil II. Mais, suite à des analyses menées par l’ASN, il s’est avéré que deux des bassins d’entreposage des boues (bassins B1 et B2) contenaient des boues présentant des radioéléments artificiels issus de campagnes de traitement d’uranium de retraitement en provenance du site de Marcoule. En vertu de la nomenclature des installations nucléaires de base du 11 mai 2007 , ces deux bassins devaient relever du régime des installations nucléaires de base et non du régime des ICPE.
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> Le Collège de l’ASN a donc pris le 22 décembre 2009 une décision qui a fixé au 31 décembre 2010 la date limite pour le dépôt d’un dossier de demande d’autorisation de création d’installation nucléaire de base couvrant les bassins de traitement et d’entreposage B1 et B2 et définissant l’encadrement juridique de ces bassins dans l’attente du décret d’autorisation de création. Le dossier de demande d’autorisation est toujours en cours d’instruction par l’ASN. Aujourd’hui, les bassins B1 et B2 ne sont plus utilisés pour la décantation des effluents liquides depuis la rupture de la digue de B2 en 2004 (interdiction par arrêté préfectoral).
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> Le Code de l’environnement punit de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende l’absence d’autorisation d’une installation nucléaire. Bien que l’exploitant soit aujourd’hui en phase de régularisation, les bassins n’ont pas été soumis pendant plusieurs années à la réglementation contraignante attachée aux INB alors qu’ils auraient dû l’être. De plus, nous nous interrogeons sur la nécessité de reclasser d’autres parties, voire toutes, de l’installation.
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> Le Réseau « Sortir du nucléaire » a donc déposé une plainte le 2 janvier 2013. Le 13 mars 2013, nous avons été auditionnés au commissariat de Lyon 1er, sur demande du procureur de Narbonne.

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> Source : La Dépêche du Midi
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> http://www.ladepeche.fr/article/2013/07/12/1669633-dans-le-coffre-fort-nucleaire-audois.html
> Narbonne. Dans le coffre-fort nucléaire audois
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> Publié le 12/07/2013 à 03:47, Mis à jour le 12/07/2013 à 07:46 | 1 comurhex/narbonne
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> Après les parlementaires audois, les préfets de l’Aude et de région ont visité la Comurhex, hier. Signe d’un regard bienveillant des pouvoirs publics pour ce poids lourd de la filière nucléaire. Un site industriel qui s’est pourtant fait épingler hier sur les bassins de décantation contenant 300 000 m3 de déchets radioactifs.
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> Après l’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Narbonne visant la Comurhex (lire notre édition du 3 juillet et l’encadré), cela ressemble à une contre-offensive de communication. A un soutien aveugle de l’État à une filière nucléaire dont on vient pourtant d’apprendre que, ah ! c’est ballot, elle coûte plus cher qu’on nous l’avait seriné depuis des années et que nos factures allaient donc augmenter. Quelques jours après la visite du sénateur, Roland Courteau et de la députée, Marie-Hélène Fabre, sortis rassurés de la Comurhex (1), c’était hier au tour du préfet de région, Pierre de Bousquet, et du préfet de l’Aude, Louis Le Franc, de visiter cette filiale à 100 % d’Areva. 1/4 des besoins mondiaux en uranium traités à Narbonne !
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> À la question : «Doit-on voir dans ces deux visites rapprochées une forme de soutien, sinon d’allégeance, des pouvoirs publics à la filière nucléaire ?», Pierre de Bousquet poufferait presque en garantissant qu’il ne s’agit que du plus fortuit des hasards : «Je suis arrivé il y a quelques mois dans cette région et je souhaite voir quelles en sont les ressources. Ce site industriel présente le triple avantage d’une production locale qui s’exporte ; d’une entreprise bien insérée dans son environnement ; d’une entreprise qui continue de se moderniser et de produire ici, sans délocaliser.»
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> Ce à quoi on peut ajouter un indéniable impact économique puisque la Comurhex, ce sont 650 emplois, dont 350 emplois directs.
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> Louis Le Franc, le nouveau préfet de l’Aude précise que cette visite (et celle d’Aiguille Emballages qui a suivi) est l’occasion de «parler des entreprises qui fonctionnent bien, pas uniquement de celles qui sont en difficultés».
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> De fait, la Comurhex fonctionne à plein régime. Il s’agit même d’un poids lourd du nucléaire mondial. Ainsi, 13 000 tonnes de minerai d’uranium arrivent chaque année à Narbonne, en provenance du Niger, du Canada, du Kazakhstan ou d’Australie. 13 000 tonnes, c’est un quart des besoins mondiaux en uranium !
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> Un stock qui – pour faire taire les fantasmes – n’est pas enrichi sur place. À la Comurhex, le minerai arrive sous forme de poudre ensuite liquéfiée, débarrassée d’une grande part de ses impuretés, puis déshydratée pour obtenir des cristaux qui, dans cet état solide appelé «tétrafluorure d’uranium», ou «UF4», prendront la direction du Tricastin. Là, ils subiront une dernière opération de purification avant enrichissement.
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> Compte tenu de l’enjeu que représente la Comurhex, inutile de préciser que ce site, hypersensible, fait l’objet d’une surveillance particulièrement renforcée dans laquelle les militaires de la gendarmerie tiennent une place prépondérante.
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> Entrée principale de l’uranium en France, la Comurhex est actuellement en phase de travaux. Comurhex II atteindra sa vitesse de croisière de production en 2015. Les procédés de purification par traitement chimique, auront alors évolué. Le protoxyde d’azote (N2O) à l’effet de serre dévastateur, sera par exemple entièrement supprimé grâce aux nouvelles installations, assure-t-on chez Areva. Les travaux en sont aujourd’hui à leur deuxième phase d’essais ; la troisième, dite d’essais actifs, est prévue pour la fin de l’année.
> Comme un poison dans l’eau
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> L’Autorité environnementale a épinglé la Comurhex, dans un avis rendu hier et qui donne raison au réseau «Sortir du Nucléaire» dont la plainte de janvier a entraîné l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Narbonne. Les plaignants soutenaient que le statut d’Installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) était insuffisant et qu’Areva s’asseyait sur la mise en demeure de déposer une demande d’autorisation de création d’installation nucléaire de base (INB) . Une INB nécessaire en raison des 300 000 m3 de déchets radioactifs entreposés dans les bassins de décantation, à l’heure où les travaux actuels permettraient à la Comurhex de passer d’un traitement de 13 000 tonnes à 21 000 tonnes. L’Autorité environnementale pointe les risques d’effondrement ou de rupture des digues, avec les conséquences environnementales qu’on imagine.
> Jean-Louis Dubois-Chabert

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