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Sauvons les Serres d’Auteuil

Contacter l’auteur de la pétition

LE COMBAT POUR LE SAUVETAGE DES SERRES D’AUTEUIL CONTINUE

2015-06-16 16:17

     Bien chers amis signataires de la pétition Sauvons les Serres d’Auteuil,

     (English version below)  

vous avez sûrement appris le 9 juin dernier l’annonce télévisée par la maire de Paris, Anne Hidalgo, de la signature des permis de construire déposés par la Fédération Française de Tennis (FFT) (deux concernent le site actuel de Roland-Garros, le troisième le Jardin botanique).

Vous savez également que le premier ministre Manuel Valls n’a cessé de faire pression depuis mars dernier pour que la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, appose sa signature sur ces permis (les Serres d’Auteuil étant notamment classées au titre des Sites).

Or la ministre était nettement en faveur du Projet alternatif d’extension de Roland-Garros sur l’autoroute A13 proposé depuis mars 2013 par trois associations nationales de défense du patrimoine et de l’environnement (SPPEF, VMF, FNE), et elle appuyait les vœux émis depuis mars dernier au Conseil de Paris à l’inititative du Groupe écologiste dirigé par Yves Contassot demandant que l’on procède enfin à une étude comparative indépendante du projet d’extension de la FFT avec celui proposé par les associations.

Visiblement, la promesse faite par le président de la République lors de la Conférence environnementale du 27 novembre dernier n’a pas été tenue. « Sivens exige des progrès supplémentaires » déclarait-il. Tout doit être fait pour que tous les points de vue soient confrontés ». Ce n’est pas le cas en ce qui concerne les Serres d’Auteuil, et c’est la raison pour laquelle je vous ai suggéré de lui écrire EN MASSE (voir mon mail ci-dessous LETTRE DES SIGNATAIRES AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE 2015-6-3), et je vous incite à continuer.

Si les mails que vous envoyez vous sont retournés non lus, vous pouvez lui adresser un courrier postal à l’adresse suivante :  

Président de la République

Palais de l’Elysée

55 Faubourg Saint Honoré

75008 Paris  

Il importe de maintenir une forte pression pour continuer le combat contre le massacre annoncé de l’un des plus beaux jardins de Paris, chef d’œuvre patrimonial et paysager, trésor botanique de valeur mondiale, et de faire comprendre que les citoyens sont prêts à le défendre comme ils ont défendu le site de Sivens. Il est temps de mettre en oeuvre la démocratie participative l’année même où la conférence mondiale sur le climat, la COP 21, se tiendra à Paris en novembre prochain.

Bien entendu, les nombreuses associations engagées dans ce juste combat depuis plus de quatre ans vont maintenant attaquer en justice les permis de construire, et afin de rétribuer les avocats, vous pouvez envoyer vos dons sur la page dédiée de la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France, reconnue d’utilité publique, présidée par Alexandre Gady) :  

http://www.sppef.fr/donner/

 

Mille mercis pour votre fidélité et soutien,

bien chaleureusement,

Lise Bloch-Morhange, porte-parole du Comité de soutien des Serres d’Auteuil    

 

Alerte historique pour faire interdire les pesticides tueurs d’abeilles !

D’ici quelques semaines, les sénateurs français vont décider d’interdire, ou non, les pesticides tueurs d’abeilles.

C’est la dernière étape d’une bataille que nous menons ensemble depuis trois ans, pour les abeilles et l’environnement!

Si les sénateurs décident l’interdiction immédiate de ces pesticides en France, cela créera un précédent en Europe, obligeant par effet boule de neige les autres pays à s’aligner.

Cette interdiction permettra non seulement de sauver dans l’immédiat des millions d’abeilles, mais surtout d’échapper à la catastrophe environnementale et alimentaire qui menace si ces pesticides continuent à être utilisés aussi massivement et systématiquement dans les cultures…

Mais pour le moment, les sénateurs sont réticents à voter l’interdiction. Et sans la mobilisation massive des citoyens pour faire pression, il y a fort à parier qu’ils enterreront tout simplement le projet.

C’est pourquoi je vous demande d’envoyer de toute urgence le message #StopNeonics aux sénateurs de votre département, en cliquant ici.

Si vous n’êtes pas de nationalité française, vous pouvez quand même exprimer votre soutien à cette interdiction en signant un message de principe : cliquez ici. Ce qui se passe en France à l’heure actuelle peut avoir des répercussions importantes sur tous les pays européens : tout le monde est concerné !

En mars dernier, l’Assemblée nationale en France adoptait un amendement au projet de loi Biodiversité (1), interdisant purement et simplement les pesticides néoniconitoïdes sur le sol français dès janvier 2016.

Pour tous les citoyens et associations qui militent depuis des années pour l’interdiction de ces pesticides dangereux pour les pollinisateurs et la nature, l’initiative courageuse de Gérard Bapt et Delphine Batho, les députés qui ont déposé l’amendement, était une vraie bouffée d’espoir.

A force de tirer la sonnette d’alarme et de mobiliser les citoyens, notre message a été entendu des responsables politiques !

Maintenant que les députés ont voté OUI à  cet amendement #StopNeonics, c’est au tour des sénateurs de se prononcer. Et là, la bataille est rude.

Il y a quelques mois déjà, les sénateurs ont rejeté la proposition d’un des leurs de faire un moratoire sur les néonicotinoïdes en France. A 248 voix, contre 64…

Il ne faut pas se leurrer : la majorité des sénateurs voit cette interdiction d’un très mauvais œil. Même le gouvernement rechigne à se prononcer pour l’interdiction, ce qui n’aide pas à faire pencher la balance de notre côté.

Et évidemment, les lobbies qui défendent les intérêts des firmes agrochimiques poussent à fond pour que les sénateurs rejettent le texte !

Il ne nous reste que quelques semaines pour faire l’assaut des sénateurs et leur mettre une pression déterminante, pour qu’ils adoptent l’amendement #StopNeonics.

Jamais encore nous n’avions réussi à aller aussi loin, nous les défenseurs des abeilles et de la nature : ensemble, nous avons réussi à obtenir qu’un amendement soit déposé, dans un grand pays européen, et validé par l’une des deux chambres parlementaires.

Il ne nous reste qu’une toute dernière étape : le vote des sénateurs. C’est maintenant ou jamais qu’il faut agir !

Alors s’il vous plaît, ne perdez pas un instant : envoyez votre message aux sénateurs de votre département en cliquant ici, et transférez cet email le plus largement possible autour de vous.

Tous ensemble, nous devons inonder leurs boîtes mails de messages de protestation, pour qu’ils se rendent bien compte que des centaines de milliers de citoyens sont sur leur dos, et attendent d’eux qu’ils prennent la seule décision qu’impose le bon sens : interdire définitivement ces pesticides avant qu’ils n’aient causé des dégâts irréversibles sur l’environnement et la biodiversité !

Déjà, on constate que la pollution des nappes phréatiques et des cours d’eau aux néonicotinoïdes commence à avoir des effets catastrophiques sur la biodiversité de ces milieux : jusqu’à 42% de micro-organismes en moins en France et en Allemagne (2), entraînant un déclin rapide et incontrôlable des poissons d’eau douce…

Et pendant que les insectes non ciblés comme les abeilles et autres pollinisateurs succombent sous l’effet de ces poisons déversés massivement dans les champs (3), les organismes cibles, comme le doryphore ou la punaise du pêcher, responsables de famines historiques, développent à toute vitesse des résistances qui bientôt les rendront complètement insensibles à ces substances censées les tenir éloignés des cultures (4).

La catastrophe alimentaire qui se profile si, en ayant décimé tous les insectes utiles à l’agriculture, on se retrouve incapable de protéger les champs des véritables nuisibles, fait frémir plus d’un scientifique…

Les sénateurs n’ont pas le droit de faire encore une fois l’autruche : faire comme s’ils ne « savaient pas », et ne pas voter l’interdiction des néonicotinoïdes, c’est accepter de sacrifier la santé et l’alimentation de toute la population, pour satisfaire aux intérêts à court terme de quelques multinationales qui se partagent le marché des pesticides !

Il est encore temps de les empêcher d’anéantir tout le travail que nous avons mené ensemble ces trois dernières années pour faire prendre conscience du danger au grand public et aux responsables politiques.

Faites pression sur vos sénateurs pour qu’ils adoptent l’amendement #StopNeonics !

Pour que cette action soit un coup de force réussi, nous avons mis en place un système d’envoi direct de votre message aux sénateurs de votre département.

Quand vous aurez cliqué sur le bouton ci-dessous, vous arriverez à une page contenant le message qui sera envoyé aux sénateurs de votre part. Inscrivez votre nom et vos coordonnées, et les noms des sénateurs de votre département apparaîtront automatiquement. Cliquez sur « envoyer », et votre message leur sera transmis directement par email.

Si vous n’êtes pas citoyen français, votre signature compte tout autant : allez sur cette page et signez « en soutien », pour montrer que, dans votre pays aussi, vous voulez cette interdiction des néonicotinoïdes, et puisque la France a bien voulu ouvrir le bal, vous comptez sur les sénateurs français pour prendre cette décision responsable et créer un effet boule de neige en Europe !

Ici à Pollinis, toute l’équipe est sur le pont depuis le début de l’affaire, pour rallier les scientifiques et faire entendre leurs analyses, et multiplier les rendez-vous avec les responsables politiques, au parlement et dans les ministères, pour leur faire prendre conscience, chiffres et études à l’appui, de la dangerosité extrême des néonicotinoïdes pour les pollinisateurs, l’environnement et la santé, et le risque qu’ils font courir à la sécurité alimentaire de toute la population.

Rien que le mois dernier, j’ai rencontré dans leur bureau à l’Assemblée nationale plus de 20 députés parmi ceux qui comptent le plus sur les questions agricoles et environnementales. Ils ont écouté attentivement les arguments de Pollinis, et m’ont assuré qu’ils feraient de leur mieux pour que l’amendement soit définitivement adopté s’il leur revenait.

Mais ils ne peuvent pas convaincre leurs collègues sénateurs à notre place. Seule une mobilisation massive des citoyens qui refusent qu’on sacrifie impunément leur santé et celle de leurs enfants, peut nous permettre d’avoir le dernier mot dans cette bataille.

Alors s’il vous plaît, envoyez dès maintenant votre message aux sénateurs de votre département, et transférez cet email à tous vos contacts – peu importe où ils habitent, tout le monde est concerné par la nature que nous laisserons aux générations futures !

Un grand merci par avance pour tout ce que vous ferez pour nous permettre de mettre une pression déterminante sur les sénateurs, et obtenir l’interdiction, réelle et définitive, des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles en France et en Europe.

 

Bien sincèrement,

Nicolas Laarman

Délégué général

 

 

Références :

 

(1)  Pour voir !’amendement sur le site de l’Assemblée nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2064/AN/754.asp

 

(2)   Beketov MA, Kefford BJ, Schäfer RB, Liess M. Pesticides reduce regional biodiversity of stream invertebratesProceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America. 2013;110(27):11039-11043. doi:10.1073/pnas.1305618110.

 

(3)   A ce sujet, le dernier rapport de l’EASAC est un bon recapitulatif : EASAC, Ecosystem services, agriculture and neonicotinoids

 

(4)   Sur les résistances aux néonicotinoides, voir par exemple :

 

– Goulson, D. (2013), REVIEW: An overview of the environmental risks posed by neonicotinoid insecticides. Journal of Applied Ecology, 50: 977–987. doi: 10.1111/1365-2664.12111

 

– Puinean AM, Foster SP, Oliphant L, Denholm I, Field LM, et al. (2010) Amplification of a Cytochrome P450 Gene Is Associated with Resistance to Neonicotinoid Insecticides in the Aphid Myzus persicae. PLoS Genet 6(6): e1000999. doi: 10.1371/journal.pgen.1000999

 

– Slater R, Paul VL, Andrews M, Garbay M, Camblin P, Identifying the presence of neonicotinoidresistant peach-potato aphid (Myzus persicae) in the peach-growing regions of southern France and northern Spain. Pest Manag Sci. 2012 Apr;68(4):634-8. doi: 10.1002/ps.2307. Epub 2011 Nov 2.

 

–  Paweł Węgorek, Marek Mrówczyński, Joanna Zamojska Resistance of pollen beetle (Meligethes eaneus F.) to selected active substances of insecticides in Poland. JOURNAL OF PLANT PROTECTION RESEARCH Vol. 49, No. 1 (2009)

 

Studies on Resistance of Grain Aphid (Sitobion Avenae) to Neonicotinoid Insecticides (Education Papers posted on December 24th, 2014 )

 
Pollinis Association Loi 1901
143 avenue Parmentier – 75010 Paris www.pollinis.org

Mirages du libre-échange

Le Monde diplomatique

Retour sur les promesses de l’Alena

Mirages du libre-échange

La résistance contre la déferlante du commerce sans limites commence à trouver un écho chez les parlementaires américains, qui ont rechigné devant la ratification accélérée du traité de partenariat transpacifique voulue par le président Barack Obama. Après deux décennies, le bilan accablant de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) ne devrait guère les inciter à persévérer dans cette voie.

par Lori M. Wallach, juin 2015

Conclu entre le Mexique, les Etats-Unis et le Canada, l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) est entré en vigueur, le 1er janvier 1994, au milieu d’un flot de promesses. Ses promoteurs l’avaient répété : il allait permettre de développer les échanges commerciaux, doper la croissance, créer des emplois, réduire l’immigration clandestine. Tandis que le Washington Post s’émerveillait devant la « liste des nouvelles chances et des avantages » qu’il offrait (14 septembre 1993), le Wall Street Journal se réjouissait à l’idée que les consommateurs puissent bientôt bénéficier « de prix plus bas sur une vaste gamme de produits » (7 août 1992). Quant au Los Angeles Times, il assurait : « L’Alena générera beaucoup plus d’emplois qu’il n’en détruira » (29 mai 1993).

Ces commentaires lénifiants concernaient un accord commercial d’un genre nouveau. L’Alena ne se contentait pas, comme ses prédécesseurs, de réduire les droits de douane et de relever les quotas d’importation ; il impliquait également un nivellement des normes et prévoyait des mesures très protectrices pour les investisseurs étrangers. Il allait en outre autoriser les entreprises à contester directement des politiques nationales en assignant les Etats devant des tribunaux — des dispositions que l’on retrouve aujourd’hui dans le projet de grand marché transatlantique (GMT) (1). Examiner son bilan avec vingt ans de recul permet de mesurer le fossé séparant les annonces de la réalité. Et incite à se défier des évangélistes du libre-échange.

En 1993, les économistes Gary C. Hufbauer et Jeffrey J. Schott, du Peterson Institute for International Economics, expliquaient que l’Alena allait entraîner un accroissement des échanges commerciaux avec le Mexique et le Canada, suscitant la création de cent soixante-dix mille emplois avant la fin de l’année 1995 (2). Moins de deux ans après ces déclarations fracassantes, Hufbauer reconnaissait lui-même que l’effet sur l’emploi était « proche de zéro ». Il ajoutait : « La leçon pour moi, c’est que je dois me garder de faire des prévisions. » (3) Cet aveu n’empêche pas le Peterson Institute de multiplier désormais les prédictions optimistes au sujet du GMT…

Un déficit commercial abyssal

Loin d’avoir offert de nouveaux débouchés aux entreprises américaines et de les avoir poussées à embaucher, l’Alena a favorisé les délocalisations industrielles et l’ouverture de succursales à l’étranger, en particulier au Mexique, où la main-d’œuvre est bon marché. Dans le secteur agricole, une multitude d’entreprises américaines spécialisées dans la transformation de produits alimentaires se sont également installées au Sud. L’affaiblissement des normes sanitaires et environnementales engendré par l’accord leur a permis de profiter des bas salaires mexicains. En effet, avant 1994, de nombreuses denrées alimentaires transformées au Mexique étaient interdites à l’importation aux Etats-Unis, car jugées dangereuses. Une seule usine mexicaine transformant du bœuf était alors autorisée à exporter ses produits au Nord. Vingt ans plus tard, les importations de bœuf mexicain et canadien ont augmenté de 133 %, poussant à la faillite des milliers d’agriculteurs (4).

Le déficit commercial des Etats-Unis avec le Mexique et le Canada n’a cessé de se creuser : alors qu’il atteignait tout juste 27 milliards de dollars en 1993, il dépassait les 177 milliards en 2013 (5). D’après les calculs de l’Economic Policy Institute, le déficit commercial avec le Mexique a abouti à une perte nette de 700000emplois aux Etats-Unis entre 1994 et 2010 (6). En 2013, 845 000 Américains avaient d’ailleurs bénéficié du programme d’« aide à l’ajustement commercial » (trade adjustment assistance), destiné aux travailleurs qui ont perdu leur emploi à cause des délocalisations au Canada et au Mexique ou de l’augmentation des importations en provenance de ces pays (7).

Non seulement l’Alena a diminué le nombre des emplois aux Etats-Unis, mais il a aussi affecté leur qualité. Les salariés de l’industrie licenciés se sont tournés vers le secteur déjà saturé des services (hôtellerie, entretien, restauration, etc.), où la paie est moins élevée et les conditions plus précaires. Cet afflux de nouveaux travailleurs a exercé une pression à la baisse sur les salaires. Selon le Bureau of Labor Statistics, les deux tiers des ouvriers licenciés pour raisons économiques ayant retrouvé un travail en 2012 ont dû accepter un emploi moins bien rémunéré. La baisse dépassait même 20 % pour la moitié d’entre eux. Sachant que, cette année-là, un ouvrier américain gagnait en moyenne 47 000 dollars par an, cela équivaut à une perte de revenu d’environ 10 000 dollars. Cela explique en partie pourquoi le salaire médian stagne aux Etats-Unis depuis vingt ans, alors que la productivité des travailleurs augmente.

Certains promoteurs de l’Alena avaient prévu, dès 1993, ce phénomène de destruction d’emplois et de tassement des salaires. Mais, assuraient-ils alors, l’opération devait demeurer profitable pour les travailleurs américains, qui pourraient acheter des produits importés moins cher et bénéficier ainsi d’une hausse de leur pouvoir d’achat. Sauf que l’augmentation des importations n’entraîne pas nécessairement une baisse des prix. Par exemple, dans l’alimentaire, malgré un triplement des importations en provenance du Mexique et du Canada, le prix nominal des denrées aux Etats-Unis a bondi de 67 % entre 1994 et 2014 (8). La baisse du prix de quelques rares produits n’a pas suffi à compenser les pertes subies par les millions de travailleurs non diplômés, qui ont vu leur salaire réel baisser de 12,2 % (9).

Mais les travailleurs américains n’ont pas été les seuls à pâtir de l’Alena. L’accord a également eu des effets désastreux au Mexique. Autorisés à exporter sans entraves, les Etats-Unis ont inondé ce pays de leur maïs subventionné et issu de l’agriculture intensive, engendrant une baisse des prix qui a déstabilisé l’économie rurale. Des millions de campesinos (paysans) expulsés des campagnes ont migré pour se faire embaucher dans des maquiladoras (10), où ils ont pesé à la baisse sur les salaires, ou ont tenté de passer la frontière et de s’installer aux Etats-Unis. L’exode rural a également exacerbé les problèmes sociaux dans les villes mexicaines, conduisant à une montée en intensité de la guerre de la drogue.

Selon M. Carlos Salinas de Gortari, président du Mexique au moment de l’entrée en vigueur de l’accord, l’Alena devait permettre de réduire le flux des migrants essayant de passer au Nord. « Le Mexique préfère exporter ses produits que ses citoyens », lançait-il en 1993, assurant que son voisin avait le choix entre « accueillir les tomates mexicaines ou accueillir les migrants mexicains, qui cultiveront ces tomates aux Etats-Unis ». En 1993, 370 000 Mexicains avaient rejoint les Etats-Unis ; ils étaient 770 000 en 2000 ; 4,8 millions d’entre eux y vivaient clandestinement en 1993 ; 11,7 millions en 2012…

Ces départs massifs s’expliquent notamment par l’explosion du prix des produits de première nécessité. L’usage croissant du maïs américain pour produire de l’éthanol a fini par engendrer, au milieu des années 2000, une augmentation des prix, lourde de conséquences pour le Mexique, devenu dépendant des importations agricoles américaines.

Le prix des tortillas — l’aliment de base dans ce pays — a bondi de 279 % entre 1994 et 2004 (11). En vingt ans, le prix des produits de première nécessité a été multiplié par sept ; le salaire minimum, seulement par quatre. Alors que l’Alena devait leur apporter la prospérité, plus de 50 % des Mexicains vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Entre 1994 et 2014, le produit intérieur brut (PIB) par habitant du Mexique n’a augmenté que de 24 %. Entre 1960 et 1980, il avait bondi de 102 % (soit 3,6 % par an). Si le Mexique avait continué de croître à ce rythme, son niveau de vie serait aujourd’hui proche de celui des pays européens…

Les belles promesses se sont envolées, et il serait utile de dresser le bilan de cet échec afin de bâtir un modèle d’intégration économique plus juste. M. Barack Obama a reconnu lui-même les défauts multiples de l’Alena, assurant qu’il en tiendrait compte pour « résoudre certains problèmes » lors des futurs traités de libre-échange. Or, loin de tirer les leçons de ces erreurs, les négociateurs actuels du GMT semblent s’employer à les reproduire.

17/06 : ALTERNATIBA à Narbonne

17/06 : ALTERNATIBA à Narbonne

ALTERNATIBA , une épopée à vélo mutualisé de plus de 5000 km à travers toute l’Europe, est passée dans notre région, à Carcassonne, Narbonne et a poursuivi  sa route vers Montpellier.

Un objectif : sensibiliser les populations au dérèglement climatique et finir le parcours à Paris au moment de la grande conférence mondiale sur le climat.

Les citoyens des Pyrénées Orientales ont fait sur 5 jours leur propre ALTERNATIBA local des P.O. en partant de Calce avec pour étape finale Narbonne, s’arrêtant dans 5 villes sur leur parcours.

ECCLA a donc participé activement à cette arrivée d’ALTERNATIBA en tenant un stand toute la journée du mercredi 17/06 même si le vent nous a empêchés d’afficher tout ce que nous souhaitions. Mais ECCLA avait aussi répondu le lundi 15/06 à l’appel d’ALTERNATIBA 66 en faisant une conférence sur l’éolien à Calce.

Pour rappel : ECCLA a lancé en février, avec les Amis du Parc de la Narbonnaise, une opération « Climat 2015 Narbonne » que vous pouvez retrouver sur ce site dans le volet « actions 2015 ». Dix associations y ont participé, chacune à leur manière. Il y aura bientôt une 3ème et dernière mise à jour pour la fin de l’année.

Pour conclure, retenez déjà la date

du 6 novembre 2015 en soirée.

En effet, ECCLA vous invite à une soirée sur le thème de « TAFTA et climat ».

Rappelons que TAFTA ou TIPP est le pacte transatlantique en cours de négociation entre l’Europe et les USA avec des risques considérables sur la santé, l’environnement, le climat et, au-delà, la capacité à décider librement des lois de notre pays.

Pour plus de renseignements sur Alternatiba : https://alternatiba.eu/