Du 8 au 29 août 2016 : Consultation de la Préfecture de l’Aude : épandage de produits phytopharmaceutiques

Consultation de la Préfecture de l’Aude :

Projet d’arrêté relatif à l’épandage de produits phytopharmaceutiques dans le département de l’Aude : consultation du public

Épandage de produits phytosanitaires

Épandage de produits phytosanitaires

Épandage de produits phytosanitaires

© Dreamstime

Projet d’arrêté relatif à l’épandage de produits phytopharmaceutiques dans le département de l’Aude : consultation du public

La loi d’avenir pour l’agriculture promulguée en octobre 2014, permet aux préfets de département de préciser les conditions dans lesquelles les traitements phytosanitaires doivent être appliqués à proximité des établissements ou de lieux accueillant des personnes vulnérables.

Le préfet de l’Aude soumet un projet d’arrêté sur ce sujet à la consultation préalable du public, par voie électronique, du 8 août au 29 août 2016.

L’arrêté a vocation à définir les mesures de protection applicables en considérant :

  • l’ensemble des établissements ou lieux concernés : établissements scolaires, crèches, haltes garderies, centres de loisirs, espaces verts ouverts du public, établissements de santé, maisons de retraite etc ;
  • l’adaptation des distances à respecter à proximité de la limite des établissements ou lieux, fonction du type d’usage (cultures basses, arboricoles ou viticoles et usages non agricoles) ;
  • la définition d’horaires sensibles (par exemple : les 20 minutes précédant et suivant le début et la fin des activités scolaires et périscolaires)
  • l’usage de dispositifs de protection physique adaptés tels que des haies et du matériel de pulvérisation limitant la dérive lors du traitement.

    Les maires ont un rôle à jouer pour la bonne mise en œuvre de ces mesures, notamment en faisant connaître les horaires des lieux et établissements accueillant des personnes sensibles.

Modalités de consultation

La consultation s’effectue par voie électronique du 8 au 29 août 2016 inclus. Les observations sur le projet sont transmises à :

consultation.seadr.ddtm-11@aude.gouv.fr
Seront prises en compte les seules observations postées à cette adresse électronique au plus tard le 29 août 2016 à minuit.

Documents à consulter

Le 03/02 De l’atrazine au-delà des normes dans l’eau « potable » dans l’Aude

 ECCLA communique :

L’atrazine est un pesticide largement utilisé dans le Monde.   Il est le second après le round up aux USA où il est encore massivement utilisé. En France il est interdit depuis 2001 avec autorisation d’épuiser les stocks jusque 2003. En Europe il est interdit depuis 2007. Ce pesticide vient de refaire parler de lui de façon saisissante.

Lundi, la presse nous apprend que, du côté de la Montagne Noire comme sur le Grand Narbonne, notre eau « potable » est chargée de pesticides. Elle reste « potable » mais dépasse les normes… pas très compréhensible pour le grand public ! Il a quand même fallu une dérogation valable 3 ans pour qu’elle soit encore distribuée au robinet avec des demandes d’actions pour régler le problème en 3 ans. Le pesticide concerné est l’atrazine ou ses dérivés de décomposition.

Mardi soir, sur France 2, l’émission Cash investigation s’intéresse à l’impact sanitaire des pesticides, en cas d’intoxication aigüe bien sûr, mais aussi dans l’eau du robinet. Un des pesticides très étudiés, l’atrazine, interdit depuis de nombreuses années, est encore très présent et a l’inconvénient majeur d’avoir des impacts sur les bébés à venir. En fait c’est un perturbateur endocrinien, dénommé perturbateur hormonal dans l’émission. Et, au-delà des malformations liées au système génital des bébés garçons, le plus inquiétant est l’impact sur le cerveau des foetus avec des risques de retard mental…

L’émission est encore visible jusque lundi prochain sur France 2. Ne la ratez pas !

Des études ont montré que l’atrazine est un pesticide qui dure longtemps dans l’environnement. Une part importante des eaux souterraines en contient des traces. Mais là, l’eau dépasse les normes. Deux questions :

  • y-a-t-il encore des utilisateurs ? Car si on ne peut pas l’acheter en France. Aller donc voir sur Internet….
  • au vu des risques sur les femmes enceintes et les bébés, il est quand même curieux que l’information ne soit pas accompagné de conseils de prudence pour éviter que les femmes enceintes et le bébés boivent cette eau.

Pourquoi la dette allemande surpasse la dette grecque

LE MONDE | 06.07.2015 à 11h22 • Mis à jour le 06.07.2015 à 16h02 | Par Stéphane Foucart

Un employé de BASF, sur le site de Schwarzheide, dans l'est de l’Allemagne, en mars 2013.

La chronique planète. On sait qu’Athènes doit à ses créanciers une somme de près de 320 milliards d’euros ; on sait qu’elle a fait défaut vis-à-vis du Fonds monétaire international ; on sait, enfin, que les Grecs ont largement rejeté, dimanche 5 juillet, les exigences de leurs créanciers. Tout cela, personne ne l’ignore. Un fait plus discret est que la vertueuse et intransigeante Allemagne traîne elle aussi quelques impayés, dont il n’est pas déraisonnable de penser qu’ils surpassent de très loin l’ardoise grecque. Et on ne parle pas ici de l’Allemagne exsangue de l’après-guerre. On parle bel et bien de l’Allemagne d’aujourd’hui, avec sa puissante industrie, son budget impeccable, etc.

Externalités négatives

Pour comprendre la nature de cette « dette » allemande, il faut se pencher sur un numéro récent du Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism (JCEM). En avril, la revue publiait une série d’études conduites par une vingtaine de chercheurs internationaux et coordonnées par Leonardo Trasande, spécialiste de santé des populations, professeur à l’université de New York. Leur but était d’évaluer le coût économique des dégâts sanitaires dus aux pollutions chimiques dans l’Union européenne. Avec 2010 comme année de référence, leur estimation chiffre la valeur médiane de ces dégâts à 1,3 % du produit intérieur brut des Vingt-Huit. Soit 157 milliards d’euros par an, en frais de santé et de prise en charge de certains troubles, en perte de productivité des salariés, etc. Et ce n’est là qu’une valeur médiane : la partie haute de la fourchette surpasse les 260 milliards d’euros annuels.

Les dégâts sanitaires dus aux pollutions chimiques coûtent 157 milliards d’euros par an à l’Europe. Une grande part incombe à l’Allemagne, qui domine le secteur de la chimie

Le rapport avec nos voisins d’outre-Rhin ? C’est simple : en Europe, la chimie, c’est l’Allemagne. Le pays domine de très loin le secteur avec des géants comme Bayer ou BASF, et il est très clair qu’une grande part de ces 157 milliards d’euros lui incombe. L’Allemagne aurait beaucoup à perdre, si les mesures adéquates étaient prises pour éviter ces dégâts collatéraux. A Berlin, on en est parfaitement conscient. Par le biais de l’une de ses agences de sécurité sanitaire, l’Allemagne n’a eu de cesse d’entraver la mise en place de nouvelles réglementations européennes destinées à réguler les produits les plus problématiques – dits perturbateurs endocriniens.

Si l’on s’en tient à la dernière décennie, ces coûts collatéraux cachés – ces « externalités négatives », disent les économistes – liés à l’industrie chimique ont donc vraisemblablement coûté au moins 1 570 milliards d’euros à l’économie européenne. Sur cette même décennie, la dette grecque est passée de 195 milliards à 320 milliards d’euros, soit un accroissement de 125 milliards d’euros. Plus de dix fois moins que les externalités négatives des chimistes sur la même période, et certainement beaucoup, beaucoup moins que celles des géants allemands du secteur.

Ces travaux sont-ils crédibles ? Il est indéniable que l’exercice est délicat. « L’impact sanitaire des polluants chimiques de l’environnement peut sembler élusif et c’est un concept difficile à saisir, écrit Tracey Woodruff, professeur à l’université de Californie à San Francisco, à qui JCEM a confié son éditorial d’avril. Nous manquons de données exhaustives sur la manière dont les substances chimiques présentes dans notre vie quotidienne dans la nourriture, l’eau, l’air et les produits d’usage courant touchent notre santé. »

« Véritable fardeau »

Face à ce manque de données, M. Trasande et ses coauteurs se sont focalisés, précise Mme Woodruff, « sur les effets de seulement sept produits et familles chimiques [pesticides organophosphorés, plastifiants, etc.], sur trois catégories de troubles (troubles du système reproductif masculin, troubles neuro-comportementaux, obésité et diabète) ». Les auteurs n’ont donc tenu compte que du coût des effets sanitaires quantifiables, grâce aux études épidémiologiques sérieuses disponibles, ainsi qu’aux mesures d’imprégnation de la population. Tout le reste, tout ce qui est suspecté mais insuffisamment étudié, a été ignoré.

Outre l’énormité de son poids économique, cette dette interfère avec notre biologie et dégrade la santé des populations, elle altère les écosystèmes, elle modifie les paysages

Non seulement la totalité des effets sanitaires recherchés ne peut être estimée précisément, mais l’industrie chimique produit d’autres externalités, supportées par la collectivité : sources d’eau potable polluées par les résidus de pesticides, perte de biodiversité et des services associés (pollinisation, maintien de la fertilité des sols, etc.)… « Ce qu’il faut retenir, poursuit Mme Woodruff, est que ce calcul de 157 milliards d’euros ne représente que la partie émergée du véritable fardeau attribuable aux polluants chimiques de l’environnement. »

Cette « dette »-là ne fait hurler personne. Elle est pourtant bien plus tangible que la dette grecque : outre l’énormité de son poids économique, elle interfère avec notre biologie et dégrade la santé des populations, elle altère les écosystèmes, elle modifie les paysages.

Sans le savoir, nous donnons bien plus pour la prospérité de la fière Allemagne que pour aider la petite Grèce

Ces constats relèvent d’une science consensuelle, conventionnelle, et citée comme telle par le Programme des Nations unies pour l’environnement. C’est ainsi : l’industrie chimique ne se développe qu’au prix d’externalités gigantesques, assumées par les Etats, les collectivités, les systèmes de santé et les autres secteurs économiques. Bien sûr, une externalité n’est pas une dette stricto sensu. « La première peut être vue comme une dette morale, alors que la seconde est contractuelle », dit l’économiste Alain Grandjean. Certes, mais tout cela, nous l’avons payé, nous le payons, ou nous le paierons d’une manière ou d’une autre.

Sans le savoir, nous donnons bien plus pour la prospérité de la fière Allemagne que pour aider la petite Grèce.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/07/06/une-dette-allemande_4672279_3232.html#O7L35LZP6ygDMW7R.99

Une pomme de 1950 équivaut à 100 pommes d’aujourd’hui

Terra eco26/01/2015 à 15h04

Une pomme de 1950 équivaut à 100 pommes d’aujourd’hui

Terra
                                                    eco"

Amélie Mougey, journalisteImprimer


Des pommes transparente de Croncels (Steschke/Wikimedia Commons/CC)

Mordre à pleines dents dans une pêche et avaler… de l’eau sucrée. Manger toujours plus, pour se nourrir de moins en moins. Tandis que, dans les pays développés, nos apports en calories augmentent, la plupart des aliments non transformés que nous consommons – fruits, légumes et céréales – deviennent des coquilles vides sur le plan nutritionnel.

Une dizaine d’études d’universités canadiennes, américaines et britanniques, publiées entre 1997 et aujourd’hui, font état d’une dégringolade de la concentration en nutriments dans nos aliments.

Voir le document

(Fichier PDF)

Ces travaux, résumés dans l’étude « Still No Free Lunch » [PDF] de Brian Halweil, chercheur au Worldwatch Institute, confirment l’essor de la « calorie vide » : grasse, sucrée, mais inutile pour la santé.

Même dans les aliments réputés sains, vitamines A et C, protéines, phosphore, calcium, fer et autres minéraux ou oligo-éléments ont été divisés par deux, par 25, voire par 100, en un demi-siècle.

Pour retrouver les qualités nutritionnelles d’un fruit ou d’un légume des années 50, il faudrait aujourd’hui en manger une demi-cagette !

Vitamine C : une pomme hier = 100 pommes aujourd’hui

Hier, quand nos grand-parents croquaient dans une transparente de Croncels, ils avalaient 400 mg de vitamine C, indispensable à la fabrication et à la réparation de la peau et des os. Aujourd’hui, les supermarchés nous proposent des bacs de Golden standardisées, qui ne nous apportent que 4 mg de vitamine C chacune. Soit cent fois moins.

Philippe Desbrosses, docteur en sciences de l’environnement à l’université Paris-VII et militant pour la préservation des semences anciennes, déplore :

« Après des décennies de croisements, l’industrie agroalimentaire a sélectionné les légumes les plus beaux et les plus résistants, mais rarement les plus riches sur le plan nutritif. »

Vitamine A : une orange d’hier = 21 oranges d’aujourd’hui

Précieuse pour notre vue et nos défenses immunitaires, la vitamine A est en chute libre dans 17 des 25 fruits et légumes scrutés par des chercheurs canadiens dans une étude synthétisée pour CTV News [PDF].

Le déclin est total pour la pomme de terre et l’oignon qui, aujourd’hui, n’en contiennent plus le moindre gramme. Il y a un demi-siècle, une seule orange couvrait la quasi-totalité de nos besoins quotidiens – les fameux AJR (apports journaliers recommandés) – en vitamine A.

Aujourd’hui, il faudrait en manger 21 pour ingurgiter la même quantité de la précieuse vitamine. De même, une pêche des années 50 équivaut à 26 pêches aujourd’hui.

Fer : la viande en contient deux fois moins

Au début de la chaîne, il y a la céréale. Blé, maïs et soja sont aujourd’hui plus pauvres en zinc, en cuivre et en fer qu’il y a cinquante ans. Appauvries par des décennies d’agriculture intensive et de sélections variétales, ces céréales réapparaissent dans l’auge de nos bêtes, qui, par répercussion, se trouvent moins bien nourries que leurs ancêtres.

En bout de chaîne, l’animal devenu steak apportera moins de micronutriments dans nos assiettes. Tel est l’effet domino identifié par le chercheur américain David Thomas. Dans son étude publiée dans la revue Nutrition & Health, il constate qu’à poids égal, un même morceau de viande apporte deux fois moins de fer qu’un demi-siècle auparavant.

Autre dommage collatéral : le lait « a perdu ses acides gras essentiels », déplore Philippe Desbrosses. Des acides essentiels à nos membranes cellulaires, notre système nerveux et notre cerveau. Naturellement présents dans l’organisme en très petite quantité, ils doivent nous être apportés par l’alimentation.

Calcium : quatre fois moins dans le brocoli

Mauvaise nouvelle. Si le brocoli figure sur la liste de ces légumes que vous ne consentez à avaler qu’en pensant à votre santé, vous n’avez pas fini de grimacer. Alors que ce chou venu du sud de l’Italie contenait 12,9 mg de calcium – allié de la construction osseuse et de la coagulation du sang – par gramme en 1950, ils n’en renfermait plus que 4,4 en 2003, selon une étude de l’université du Texas, soit quatre fois moins.

Si vous comptiez sur lui pour compenser la carence en fer de votre steak, c’est également loupé. Il vous faudrait en mettre six fois plus dans la soupe pour obtenir les mêmes bienfaits que par le passé. Sur les 25 légumes étudiés par l’équipe de recherche canadienne, 80% ont vu leur teneur en calcium et en fer décliner.

Le bio est-il une solution ?

Les facteurs de ce déclin sont multiples. Des sols plus pauvres, des végétaux cueillis trop tôt, des traitements de conservation plus fréquents, des croissances plus rapides dopées par les engrais et une réduction du nombre de variétés, sélectionnées pour leur résistance aux parasites et leur rapidité de croissance…

Autant d’éléments imputables à une quête de meilleurs rendements. Résultat, « pour le maïs, le blé et le soja, plus le rendement est important, plus le contenu en protéines est faible », note Brian Halweil, dans son étude. Même schéma pour les concentrations de vitamine C, d’antioxydants et de bêtacarotène dans la tomate : plus les rendements augmentent, plus la concentration de nutriments diminue [PDF].

A contrario, « l’agriculture biologique peut contribuer à inverser la tendance », indique Brian Halweil dans son étude. De fait, à conditions climatiques équivalentes :

« Les aliments bios contiennent significativement plus de vitamine C, de fer, de magnésium et de phosphore que les autres. »

Choisir des aliments mûrs

Le chercheur met pourtant en garde :

« Si les agriculteurs bios développent un système riche en intrants avec des rendements comparables aux exploitations conventionnelles, le bio verra son avantage nutritionnel s’éroder. »

De même, si les produits bios sont cueillis avant maturité, ils sont finalement moins riches en nutriments que des produits mûrs de l’agriculture traditionnelle. Seule stratégie pour remettre de la vie dans son assiette : choisir des aliments mûrs, produits de manière non intensive et partir à la chasse aux variétés oubliées. Une épopée.

Terra eco

Publié initialement sur
Terra eco

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Liste modérée de diffusion d’informations sur les semences gérée par Inf’OGM.
Modérateur : Frédéric Prat (fred@infogm.org)

La culture d’un nouveau maïs OGM pourrait bientôt être autorisée en Europe

LE MONDE | 31.10.2013 à 10h38 • Mis à jour le 31.10.2013 à 14h41 | Par Audrey Garric et Pierre Le Hir

Après le MON810 de Monsanto, le maïs TC1507 de Pioneer pourrait obtenir le feu vert de Bruxelles.

C’est un nouveau rebondissement dans le tumultueux feuilleton européen des OGM. Et une nouvelle illustration de l’incapacité politique des Vingt-Huit à gérer ce dossier sensible.

Un deuxième maïs OGM –– après le MON810 de Monsanto ––– pourrait être bientôt autorisé à la culture en Europe. C’est la conséquence probable d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui oblige la Commission à rouvrir le dossier, volontairement enterré depuis quatre ans, d’une céréale transgénique produite par le semencier américain Pioneer Hi-Bred : le maïs TC1507.

Bruxelles devrait, mercredi 6 novembre, entériner une proposition en ce sens du commissaire européen à la santé, le Maltais Tonio Borg. Première étape d’une procédure de quelques semaines qui devrait, in fine, autoriser le TC1507. Ce serait la première fois depuis 2010, année d’homologation de la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora (dont le producteur allemand, BASF, a arrêté le développement en janvier 2012) que l’Europe donnerait son feu vert à la culture d’un OGM sur son sol.

DÉJÀ IMPORTÉ EN EUROPE DEPUIS 2006

Produisant un insecticide qui cible un papillon ––– la pyrale du maïs –––, le maïs TC1507 est aussi rendu tolérant à une famille d’herbicides dont le principe actif est le glufosinate d’ammonium. Depuis 2006, le TC1507 est importé en Europe pour l’alimentation humaine et animale.

Voilà douze ans, depuis 2001, que Pioneer (filiale de DuPont de Nemours) tente d’obtenir de l’Europe le droit d’y faire également cultiver sa semence, déjà autorisée dans neuf pays du continent américain et au Japon. Après un avis positif de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), délivré en 2005, la Commission a présenté, en 2009, une proposition d’autorisation du TC1507, qu’elle a soumise, selon la procédure, à un collège d’experts des Etats membres. Mais ceux-ci n’ont pas réussi à se mettre d’accord. La Commission devait dès lors soumettre la proposition au Conseil des ministres de l’Union européenne (UE). Ce qu’elle n’a jamais fait.

BLOCAGES POLITIQUES SUR LES OGM

« Ce retard peut s’expliquer par les blocages politiques sur les OGM au sein de l’UE, de très nombreux pays étant opposés à leur culture », analyse Christophe Noisette, chargé de mission pour l’association Inf’OGM.

Pioneer décide alors de porter plainte devant la CJUE, le 13 avril 2010. Trois ans plus tard, le 26 septembre, la firme obtient gain de cause : la Cour européenne juge que la Commission a été trop lente dans la gestion de la demande d’autorisation et lui enjoint de poursuivre la procédure. Le jugement ne fixe toutefois aucun délai ni pénalités.

RISQUES POUR CERTAINS INSECTES

La CJUE ne tient pas compte d’une demande de complément d’information déposée par l’EFSA entre-temps. Dans un deuxième avis, publié en 2012, l’agence a en effet validé le maïs tout en pointant des « risques pour les insectes lépidoptères non cibles » de l’insecticide produit par la plante. Elle a alors demandé à Pioneer de modifier son dossier, ce que l’entreprise a refusé.

Manifestation de Greenpeace à Bruxelles.

« Les risques liés à la tolérance de ce maïs OGM à un herbicide n’ont jamais été évalués. Compte tenu des lacunes importantes dans son évaluation, la Commission devrait proposer son interdiction », assure Anaïs Fourest, chargée de campagne agriculture durable et OGM pour Greenpeace.

« Nous demandons à la Commission d’appliquer la décision de justice. En fonction de la décision des Etats membres, nous pourrons nous positionner et savoir si nous cultivons ou pas ce maïs en Europe », affirme de son côté Pioneer.

LES ETATS PEUVENT JOUER LA CLAUSE DE SAUVEGARDE

Bon gré mal gré, explique-t-on à Bruxelles, la Commission ne peut que se plier à la décision de la plus haute instance européenne. Mercredi, Tonio Borg va donc demander au collège des commissaires européens de se mettre en conformité avec le droit. C’est-à-dire de soumettre la question de l’autorisation de culture du maïs TC1507, dans le délai réglementaire de trois mois, au conseil des ministres de l’environnement, compétents sur ce dossier.

Jamais, par le passé, les ministres ne sont parvenus à trouver une majorité qualifiée sur un OGM. Tout laisse donc penser qu’il en ira de même cette fois. Auquel cas la décision reviendra finalement à la Commission qui, selon toute vraisemblance, donnera son aval à la semence de Pioneer.

Fin de l’histoire ? Non. Les Etats membres peuvent faire jouer une clause de sauvegarde pour interdire l’OGM sur leur territoire. En 2010, quand la Commission avait autorisé la culture de la pomme de terre Amflora, la Hongrie, l’Autriche et le Luxembourg l’avaient interdite. Huit pays (France, Allemagne, Luxembourg, Autriche, Hongrie, Grèce, Bulgarie et Pologne) ont également adopté des clauses de sauvegarde pour bannir le maïs MON810.

Vous travaillez sur la thématique de l’alimentation ?

[RELAIS INFOS REGIONALES : AGRICULTURE ALIMENTATION ] > Colloque, Rencontre, Livret éducatif

Bonjour !
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Vous travaillez sur la thématique de l’alimentation ?
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Vous trouverez ci-dessous 3 courriels qui pourraient vous intéresser :
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  1. Colloque régional  « L’éducation au Goût » : 20 novembre 2013, Théâtre de Narbonne (11)
    >
  2. Livret éducatif  « En quêtes de qualitésA la découverte des produits agricoles de qualité du Languedoc-Roussillon » (8-12 ans)
  3. Rencontres chercheurs / acteurs de la région urbaine de Montpellier « Systèmes Alimentaires urbains durables » : 22 octobre, Agropolis International, Montpellier (34)
    >

> Toutes les informations utiles et détaillées dans les courriels ci-dessous et dans les 3 documents en PJ.
>

> Bonne lecture et bonne fin de journée !
>


>    Julie BOYER
>    Animatrice de réseau / Santé – Environnement
>    04 67 06 77 46 / julie.boyer@grainelr.org
>    1025 rue H. Becquerel – Parc Club Millénaire – Bâtiment 31 – 34000 Montpellier
>    www.grainelr.org

saumon norvégien

 Suivez ce lien qui mène à un reportage vidéo et vous verrez comment l’union européenne qui, par aillleurs, pond des réglementations extravagantes en termes d’hygiène, ce qui étrangle peu à peu les petits producteurs (viticulteurs , ostréiculteurs), laisse faire les multinationales qui nous envoie de la nourriture dangereuse…

http://www.youtube.com/watch?v=oHXH3VEK

6 novembre, Argeliers : conférence débat sur l’eau

l’association Argeliers Environnement vous invite à une réunion publique

sur le thème de l’eau

le mardi 6 novembre à 20 hrs 30

salle du cinéma
L’eau, source de vie — L’eau et la santé — L’eau menacée — L’eau privatisée (?).
Conférence/débat animé par Mr Laurent Ripperty Directeur du syndicat Orb/Jaur. »

Nouvelles questions sur le stockage profond des déchets nucléaires

LE MONDE | 28.08.2012 à 14h43 • Mis à jour le 29.08.2012 à 07h36

Par Hervé Kempf

Le site de retraitement des déchets nucléaires de La Hague.

Le 10 septembre, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) entrera dans le vif d’une problématique nouvelle concernant l’enfouissement des déchets nucléaires à vie longue, dont la radioactivité perdure pendant des milliers d’années. Pour la première fois, se réunira le comité de pilotage d’un nouveau programme, GEOSAF2, visant à étudier les méthodes d’exploitation des centres de stockage de ces déchets.

« Jusqu’à récemment, on analysait la faisabilité du concept. Il s’agit maintenant de faire le lien entre la sûreté à long terme du stockage et la sûreté de l’installation en phase d’exploitation », explique Michael Tichauer, président de ce comité et chercheur à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRNS) français.

Pendant une centaine d’années après la décision de créer un site de stockage en profondeur, il faudra à la fois creuser les galeries et y installer les équipements nécessaires, tout en commençant à l’exploiter, c’est-à-dire à y entreposer les conteneurs de déchets.

« La sûreté pendant la phase d’exploitation est un des sujets qui nous mobilise le plus », affirme Marie-Claude Dupuis, directrice de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Celle-ci conduit le projet français de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), qui doit être mis en service en 2025.

« Il y aura des dizaines de kilomètres de galeries, ce sera une installation immense, bien plus grande que celle de la Hague, dit M.Tichauer. Il y aura d’un côté des mineurs, de l’autre des travailleurs du nucléaire plaçant les colis dans les alvéoles : ce sont deux cultures qui n’ont rien à voir. » Cette cohabitation va créer des problèmes de sûreté nouveaux. « L’objectif est de confiner au maximum les colis nucléaires, mais dans les travaux souterrains, la priorité absolue est l’évacuation du personnel », note MmeDupuis.

RISQUE D’INCENDIE

Une préoccupation importante est le risque d’incendie, soulevé par un ingénieur indépendant, Bernard Thuillier, qui a analysé les dossiers publiés par l’Andra et qui, reconnaît sa directrice, « pose de bonnes questions ».

Ce risque découle de la présence de bitume dans des colis de déchets anciens, ainsi que de l’éventuelle formation d’hydrogène sur certains colis. Le danger semble gérable à l’IRSN et à l’Andra, qui évoquent cependant la nécessité de reconditionner les colis contenant du bitume et de doubler les galeries, pour pouvoir évacuer les mineurs en cas de besoin. Des précautions qui entraîneraient des surcoûts.

D’autres problèmes apparaissent, comme le rejet par l’installation de gaz faiblement radioactifs, sa consommation d’eau comparable à celle d’une ville de 50 000 habitants, ou sa consommation électrique requérant une puissance de 72 mégawatts. Des questions nouvelles, aussi : « L’exploitation se déroulera sur cent ans. Comment maintenir les compétences sur une telle durée ? », interroge M. Tichauer. Toutes ces questions devront trouver des réponses avant le débat public qui aura lieu en 2013 sur ce projet de stockage.

Lire aussi le reportage sur le centre de stockage de Bugey dans l’Ain

Hervé Kempf