Etats-Unis: une ruée illusoire sur les gaz de schiste

Ven 26 Oct 2012 à 12:49

Article de MEDIAPART

26 OCTOBRE 2012 | PAR THOMAS CANTALOUBE

De l’envoyé spécial de MEDIAPART dans le Colorado.

Le long de l’autoroute 70 qui traverse les montagnes Rocheuses d’est en ouest, les noms de villes les plus improbables se succèdent les uns aux autres : Eagle (Aigle), Gypsum (Gypse), Cabondale (La Vallée du carbone), No Name (Sans nom), Silt (Limon), Rifle (Fusil), Parachute, et notre destination finale, Battlement Mesa (La Colline du rempart). Le pays a beau être jeune, plus personne ne sait vraiment pourquoi ni comment les pionniers ont choisi ces patronymes.

Par contre, tout le monde sait pourquoi cette portion d’autoroute qui unit le Colorado et l’Utah a hérité du surnom d’Energy Alley : les ressources naturelles contenues dans le sous-sol sont censées faire de cette région un nouveau Dubaï. Uranium, radium, charbon, gaz naturel, huile de schiste…

En mars 2010, le journal local, le Daily Sentinel, lançait une série d’articles sur « l’allée de l’énergie » intitulée : « La route de la fortune ». Principal argument justifiant cet engouement : le gaz de schiste, censé représenter le nouveau Graal américain d’une énergie pas chère et abondante avec, comme horizon géopolitique l’indépendance énergétique du pays. Aujourd’hui, les contreforts de montagnes et les plateaux d’altitude forment une gigantesque toile d’araignée de tuyaux et de puits de forages. Des camions sillonnent sans interruption l’autoroute et les petites artères de campagne, mais les signes extérieurs de richesse sont difficilement perceptibles.

Le taux de chômage dans le comté de Garfield, au cœur d’Energy Alley, est de 7,6 % (la moyenne nationale se situe à 7,8 %), et les commerçants ont plutôt tendance à se plaindre de la baisse de leur chiffre d’affaires. À Parachute, bourgade d’un millier d’âmes le long de la Highway 70, deux gigantesques motels demeurent en partie vides alors qu’ils affichaient complets il y a encore deux ans. Le gaz de schiste est-il vraiment ce miracle énergétique tant vanté ? On dirait bien que non. Et pourtant, les forages continuent.

 Puits et stockage de gaz de schiste autour de Battlement Mesa© Thomas Cantaloube

Bob Harrington a 70 ans bien sonnés et est affecté d’une légère surdité. Il s’est installé à Battlement Mesa pour sa retraite, dans une jolie maison au bout d’un cul-de-sac dominant la vallée. Il pensait y couler des jours heureux avec sa femme jusqu’à ce qu’il découvre non pas un, mais plusieurs projets de forages dans sa résidence, dont un puits prévu au milieu du terrain de golf, et un autre sur le terrain de baseball de l’école… Lui qui n’avait jamais milité de sa vie a rejoint une association locale pour tenter de faire échouer les ambitions des compagnies gazières. Quand on lui demande de quoi il a peur, il nous regarde d’un air amusé, avant de répondre : « On voit bien que vous n’avez jamais été dans une zone de forage ! » Il grimpe alors dans la voiture pour nous emmener en balade.

Premier arrêt : un puits comme des centaines d’autres, un peu au-dessus de sa résidence. Celui-ci a l’avantage de ne pas être grillagé ou situé sur un terrain privé, on peut donc l’examiner sans risque de se faire arrêter. Un bourdonnement diffus, une odeur déplaisante dans l’air et, au bout de quelques minutes, un début de mal de tête. « N’allumez pas votre cigarette par ici », s’amuse Bob. « C’est la première chose que les ouvriers qui s’occupent de ces puits apprennent. »

Deuxième arrêt : une maison neuve, en bordure d’une petite route de campagne, donnant sur quelques puits en contrebas. Un panneau WPX Energy est fixé sur la clôture. Frank Smith, le jeune directeur du Western Colorado Congress, l’association locale à laquelle appartient Bob, nous accompagne. Il connaît bien l’histoire de cette maison :

« Elle appartenait à l’un de nos membres et, après que les premiers puits ont été forés, il est tombé malade : insomnies, problèmes digestifs, crampes… Il s’est plaint à WPX Energy qui exploite ces forages et les a menacés de porter plainte. Des responsables sont venus le voir et lui ont acheté la maison et tout le terrain autour. Surtout, ils lui ont fait signer un accord de confidentialité. Impossible de savoir ce qui s’est vraiment passé, aussi bien sur sa maladie que sur le rachat de sa propriété, alors qu’il existe un véritable intérêt public à connaître la vérité ! »

Depuis la fin des années 2000, quand les forages pour extraire le gaz de schiste se sont multipliés aux quatre coins des États-Unis, de nombreux habitants ont commencé à se plaindre. Aussi bien des nuisances associées à ce développement (allant des camions défonçant les routes de campagne jusqu’à des fuites de gaz dans les robinets des maisons) que de maux plus graves (bétail mourant, maladies débilitantes). Un film documentaire a même été tourné, qui a rencontré un petit succès et une nomination aux Oscars, recensant toutes les conséquences humaines et environnementales de l’exploitation du gaz de schiste : Gasland.

Malgré le nombre de témoignages concordants, l’industrie a toujours affirmé qu’il n’y avait aucun danger. Quant aux autorités de santé américaines, elles n’ont toujours pas rendu d’avis scientifique sur la question. « Les responsables de l’industrie gazière voient ces problèmes en termes de relations publiques et pas du tout en termes de santé publique », dénonce Frank Smith.« Leur réponse consiste à débourser de l’argent dans les médias et auprès des gens pour dire qu’il n’y a aucun problème. »

Prêts à tout pour exploiter de nouvelles sources d’énergie

Nous repartons en voiture. Il n’y a en moyenne qu’une maison tous les trois cents mètres dans les collines autour de Battlement Mesa, mais des dizaines et des dizaines de pick-up blancs, et parfois de gros camions-remorques, qui parcourent les petites routes. Un trafic démesuré par rapport à la population. « Nous vivons dans une région peu habitée », avance Bob en pointant du doigt les plateaux déserts et les montagnes Rocheuses alentour.« Mais les entreprises forent près des villes parce qu’elles bénéficient des infrastructures existantes : routes, voies de chemins de fer, rivières. Si elles opéraient loin des habitations, elles devraient construire et payer les infrastructures de leur poche. »

Troisième arrêt : un puits en cours de forage. Selon Bob Harrington (photo ci-contre), nos allées et venues dans le coin ont été relatées par radio aux responsables de WPX Energy, société qui opère la plupart des forages. Ils seraient ravis d’appeler le shérif si nous pénétrions sur leurs terrains.

Nous observons donc depuis la route le chantier en contrebas, où une espèce de derrick de 25 mètres de haut perce la croûte terrestre pour accéder aux roches qu’il faudra ensuite fracturer, avec un mélange d’eau et de produits chimiques sous pression, afin de libérer le gaz. C’est la procédure de « fracturation hydraulique »,« fracking » en anglais, qui a permis, en plus des forages horizontaux, de révolutionner l’exploitation des gaz de schiste.

C’est aussi une méthode des plus controversées car les industriels ont longtemps gardé secret le mélange chimique injecté, mais des scientifiques ont pu établir qu’il comportait plusieurs centaines de produits dont certains éminemment toxiques et d’autres cancérigènes. Dans le Colorado, une loi vient de passer pour obliger les industriels à publier la liste des produits chimiques utilisés. Mais elle comporte une réserve pour protéger certains secrets industriels, ce qui laisse penser que la transparence demeurera incomplète.

Quand la plateforme de forage est en activité, le bruit et les vibrations sont difficiles à supporter pour les riverains. Ensuite, lors du « fracking », ce sont des milliers de mètres cubes d’eau qui sont acheminés par camion qui perturbent la vie locale. Le Bureau géologique des États-Unis a également établi une corrélation entre l’augmentation du nombre de micro-séismes sur le territoire national ces dernières années et l’intensification des forages à fracturation hydraulique sur la même période.

D’un air nonchalant, Bob montre le haut de la montagne derrière nous : « En 1969, le gouvernement américain a fait exploser une bombe nucléaire souterraine pour fracturer les roches contenant le gaz. Ça a marché : ils ont récupéré du gaz. Mais ils se sont rendu compte que le coût était bien plus important que les revenus, et surtout que… le gaz était radioactif ! » Le Projet Plowshare, qui visait à trouver des applications pacifiques aux explosions nucléaires, a été relégué au rayon des mauvaises idées, mais il montre bien jusqu’où certains sont disposés à aller pour exploiter de nouvelles sources d’énergie.

Aujourd’hui la cavité de l’explosion nucléaire a été scellée mais, récemment, une compagnie gazière a obtenu des permis de forages à proximité du site. « Je ne pense pas que cela soit une bonne idée… », commente Bob, sarcastique.

D’autant que la ruée sur les gaz de schiste que les États-Unis connaissent depuis 2008 est loin d’obtenir les résultats promis.« Le gaz de schiste produit un retour sur investissement très rapide, mais les forages s’épuisent très vite », explique Michael Klare, professeur au Hamsphire College et auteur de l’ouvrage The Race for What’s Left: The Global Scramble for the World’s Last Resources« La plupart des puits creusés il y a quelques années sont déjà à sec, et il faut les fracturer à nouveau pour qu’ils continuent de produire à la manière d’un puits de pétrole. On peut sérieusement douter du potentiel d’avenir du gaz de schiste. » Il semble également, selon une enquête du New York Times, que les compagnies aient surestimé les réserves de gaz et la productivité de leurs opérations.

Notre quatrième et ultime arrêt nous conduit en bordure d’une usine de stockage et de transformation du gaz de schiste appartenant à la société Encana, à un kilomètre de la sortie d’autoroute. Les bâtiments ont appartenu à Unocal, qui s’était lancé sans succès dans l’exploitation des huiles de schiste dans les années 1980, car trop coûteuses à extraire. On retrouve la même odeur désagréable dans l’air, et l’on remarque les parkings remplis de pick-up blancs et d’engins de chantier qui n’ont pas servi récemment.

La dizaine de sociétés d’extraction qui opèrent dans la région ont beau continuer à forer, leur développement semble avoir du plomb dans l’aile. Le prix du gaz naturel a chuté de 85 % par rapport à 2008 (en dessous de 2 dollars par million de BTU) et à un niveau plancher jamais atteint depuis 2001.

Le mythe de l’indépendance énergétique américaine

La ruée sur les gaz de schiste n’a pas seulement été portée par les industriels, mais également par les politiciens américains au nom de « l’indépendance énergétique » du pays. Les revues spécialisées en énergie et les publications financières ont été remplies ces dernières années de cris de victoire du type : « Les États-Unis vont enfin réussir à se débarrasser de leur dépendance à l’égard des pétro-dictatures ! »

Le but n’est pas ridicule en soi, et il peut, potentiellement, bouleverser les relations géopolitiques (même si remplacer les croiseurs américains par des croiseurs chinois dans le détroit d’Ormuz n’est pas nécessairement la garantie d’un avenir plus radieux). Malheureusement, il ne semble pas aussi réaliste que cela. Même si les importations pétrolières américaines ont baissé ces dernières années (de 60 % de la consommation en 2005 à 42 % aujourd’hui), les prévisions du département de l’énergie sont bien moins roses que celles des analystes. Elles sont extrêmement conservatrices, montrant bien une baisse des importations de pétrole et de gaz, mais dans des proportions relativement faibles (on peut les consulter en détail ici).

« Le gaz de schiste ne peut pas remplacer le pétrole et, même si la production des huiles de schiste augmente, elles ne pourront pas non plus remplacer le pétrole », affirme Michael Klare. « Quand les hommes politiques, qu’ils soient démocrates ou républicains, parlent d’indépendance énergétique, il faut entendre indépendance nord-américaine ou dans l’hémisphère occidental. C’est-à-dire que nous pourrons peut être couper nos importations en provenance du golfe Persique, mais nous continuerons à importer du pétrole et du gaz du Mexique, du Canada, du Venezuela ou de la Colombie. »

Le seul intérêt du gaz de schiste pour les Américains est qu’il permet de remplacer leurs vieilles centrales électriques au charbon par des centrales à gaz, plus « propres » (quoique elles rejettent davantage de méthane, qui accélère le réchauffement climatique). Quant à la baisse bien réelle de la consommation pétrolière américaine (10 % de moins aujourd’hui qu’en 2008), elle provient des changements dans le parc automobile (véhicules moins gourmands), et de leur moindre utilisation du fait de l’augmentation du prix de l’essence.

Comme à chaque fois que les États-Unis s’emballent pour une nouvelle technologie, surtout dans le domaine de l’énergie (il y a dix ans c’était les piles à hydrogène et les carburants à base d’éthanol), des promesses mirifiques sont faites, qui tiennent rarement la route. En plus de parvenir à l’indépendance énergétique, l’exploitation des gaz de schiste devait créer des millions d’emplois et faire baisser le coût de l’électricité. Il n’en a rien été. L’électricité a augmenté de 0,3 cent par Kwh depuis 2008, et les jobs associés à cette source d’énergie se comptent sur les doigts d’une main, ou presque.

« La plupart des emplois liés aux forages ont profité à des gens extérieurs à la région », explique Frank Smith, du Western Colorado Congress. « Car ce sont des jobs relativement qualifiés et ceux qui les détiennent sont habitués à se balader d’un bout à l’autre du pays en fonction des activités de forages, comme dans l’industrie pétrolière. Tout ce qu’on a récupéré dans le coin sont des boulots de camionneurs ou de construction. » Et une fois que les puits sont creusés, leur entretien ne nécessite plus grand-monde.

Dans la course à la Maison Blanche qui oppose Barack Obama à Mitt Romney, les deux candidats se distinguent à la marge sur ces questions de l’exploitation des ressources naturelles intérieures. Tous deux sont favorables à davantage de forages et de production domestique. Mais quand Obama parle aussi de multiplier les énergies renouvelables (ce qu’il a fait durant son mandat, doublant la production d’électricité éolienne et septuplant la solaire), Romney considère les investissements dans ce domaine comme de l’argent jeté par les fenêtres. En 2008, le cri de ralliement des républicains était « Drill, baby, drill ! » (« Fore, bébé, fore ! »), et leur position n’a pas vraiment changé depuis.

En revenant à notre point de départ à Battlement Mesa, Bob Harrington explique qu’il se sent un peu las devant les batailles à mener afin de détourner les forages de ce qu’il pensait être son havre de tranquillité. « Il n’y a pas grand-chose qui aille en notre faveur : ni la législation sur les droits miniers du sous-sol, ni l’attitude des politiciens, ni la vénalité de beaucoup de gens qui sont prêts à accepter un puits dans leur jardin en échange de quelques milliers de dollars, même s’ils n’en mesurent pas les conséquences. »

Comme dans toutes les « ruées », et dans une économie déprimée, les promesses de richesses futures prennent le pas sur les réalités du jour. Ou, comme le dit Frank Smith : « L’industrie du gaz de schiste me fait penser à l’industrie du tabac dans la seconde moitié du XXe siècle : elles ont les mêmes passe-droits législatifs et fiscaux, elles refusent toutes les études sur la santé et les risques, elles participent à la corruption politique. Mais au lieu d’un marketing basé sur un style de vie “cool” en fumant des cigarettes, les entreprises gazières promettent des emplois. C’est tout aussi faux, mais dans l’attente de réglementations plus sévères, elles prospèrent au détriment du bien-être des gens. »

http://www.mediapart.fr/journal/international/181012/etats-unis-une-ruee-illusoire-sur-les-gaz-de-schiste

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AGDE – Compte rendu – Conférence ‘’Climat-Environnement-Energie’’ par Christian JOVIADO

A la Maison des savoirs d’Agde, conférence-débat sur le triptyque :

> ‘’Climat-Environnement-Energie’’


> Organisée par le Collectif intercommunal ‘’Gaz de schiste Non Merci !’’, une conférence-débat sur le thème « Climat – Energie – Environnement » a été organisée à la Maison des Savoirs d’Agde le 19 octobre 2012, comme annoncé dans les médias. En préambule aux débats, Jean-Louis Cuq, président honoraire de l’Université Montpellier II, membre de l’Académie des Sciences de Montpellier, a explicité les sujets transcrits ci-dessous.
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> Le climat et le réchauffement de notre planète
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> Après une description de la composition de notre atmosphère, Jean-Louis Cuq a mis l’accent sur le rôle majeur que joue la vapeur d’eau dans l’effet de serre. Le réchauffement est un fait. L’impact de l’homme est évident, mais peut-être de moindre importance eu égard au rabâchage médiatique. Au cours des derniers millénaires, notre planète a connu des cycles de glaciation et de réchauffement qui sont, aujourd‘hui, bien identifiés. Les quantités d’énergie mises en jeu sont énormes et loin de celles qui, directement ou non, sont imputables aux activités humaines. Le locuteur a décrit le rôle essentiel du gaz carbonique (CO2) dans la fixation de l’énergie solaire, sous forme chimique (photosynthèse). Ainsi que le rôle mineur des gaz à effet de serre (GES).
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> Nous sommes des énergivores irresponsables
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> Jean-Louis Cuq a présenté, sous forme de diagrammes, les échelles de production et de consommation mondiales et françaises des énergies. En effet, c’est d’abord au niveau mondial que doivent être proposées des solutions quant à leur gestion et leur régulation. Lesquelles relèvent de décisions d’ordre politique. La Chine avec ses 1,6 milliard d’habitants, l’Inde avec ses 1,1 milliard, ont une population qui est deux mille fois supérieure à celle de notre région Languedoc-Roussillon. Dans cette optique, ne doit-on pas se poser la question du réalisme et de la pertinence du Schéma Régional du Climat, de l’Air et de l’Energie (SRCAE) dont un des objectifs est de mettre en œuvre la transition énergétique et de préserver la qualité de l’air ? Les émissions en CO2 sont de plus en plus grandes dans ces pays et ce gaz ne connaît pas de frontières…. Nos émissions et consommations sont minimes par rapport à l’ensemble des autres pays. Culpabiliser les citoyens que nous sommes, relève aujourd’hui d’une démarche politique justifiant des taxations plus qu’autre chose. Soyons réalistes. Il n’en reste pas moins vrai que nous sommes des énergivores irresponsables et que notre boulimie ne cesse de croître. Nous ne laisserons rien aux futures générations et dégradons notre planète, qu’il est temps de réparer.
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> Quelques données significatives sur les énergies
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> Les énergies à disposition de l’humanité (en Mtep : million de tonnes équivalent pétrole)
> En 2008 : Pétrole (3930), Gaz naturel (2770), charbon (2230), Nucléaire (550),     Hydraulique (2600), Eolien (260), Solaire photovoltaïque (35).
> Les réserves estimées en énergies fossiles, en 2011, sont de 45 ans pour le pétrole, de 170 ans pour le charbon, de 100 ans pour le gaz et de plus de 100 ans pour l’uranium.
> La consommation d’énergie en France atteint les 266 Mtep en 2011. L’électricité représente 111 Mtep, le pétrole 89, le gaz naturel 39, le charbon 11 et les énergies renouvelables 16. Pétrole, gaz et uranium sont importés.
> L’électricité, elle, est à 77% issue de nos centrales nucléaires, à 12% de l’hydraulique, à 10% des centrales thermiques au gaz ou au charbon, l’éolien ne représentant que moins de 1%. Cette énergie produite n’est pas stockable.
> Parmi les énergies renouvelables, la biomasse représente 8,7 Mtep, l’énergie hydraulique 5,6, les agro-carburants 2,1, les déchets urbains 1,3, l’éolien 0,49, les pompes à chaleur 0,46, le biogaz 0,28, les résidus de récoltes 0,15, la géothermie 0.11, le solaire thermique 0.044, et le solaire photovoltaïque 0,003.
> Toute réflexion quant à l’évolution dans la production et la consommation d’énergie se doit de prendre en compte ces données. Il est clair que dans ce contexte, éolien et photovoltaïque qui n’apportent qu’une très faible contribution, ne peuvent qu’être des énergies complémentaires et non de substitution.
> Les ressources potentielles de la France en gaz de schistes sont mal connues. Elles devraient faire l’objet d’évaluation par les organismes d’Etat. Les générations à venir pourraient, avec une technologie adaptée et performante, en bénéficier. Encore mal maîtrisée, leur exploitation par fracturation hydraulique n’est pas envisageable, aujourd’hui, en raison des risques encourus (fuites, eaux pollués,…).
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> L’énergie éolienne : un vrai business qui coûte cher aux usagers d’EDF
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> Jean-Louis Cuq a détaillé, de façon synthétique, ce type d’énergie renouvelable. La construction des deux mille éoliennes, en France, a généré deux millions de tonnes de CO2 pour  fabriquer le ciment de leurs fondations. Les fabricants de ces éoliennes (danois, chinois, américains, allemands) proposent des unités terrestres facturées entre 1,3 et 2,4 millions d’euros le MW. L’implantation offshore coûte environ 2,6 à 2,9 millions d’euros par MW. La durée maximale de vie d’une éolienne est de 15 ans et le coût estimé de son démantèlement est supérieur à 500 000 €. Les nouvelles éoliennes de 160 m de haut défigurent les paysages. Les vitesses en bout de pales sont très élevées et génèrent des infrasons aux effets mal connus. EDF achète le kWh 0,085 € (terrestre) et 0,13 (marin). EDF produit son électricité à 0,028 € le kWh. Pour compenser, EDF a mis en place la CSPE (Contribution au service public d’électricité) qui coûte 2,5 milliards d’€ aux usagers. Compte tenu du fait qu’il s’agit d’une source d’énergie liée au bon vouloir d’Eole, des centrales thermiques, de même puissance, doivent être construites pour s’y substituer en cas d’absence de vent, ou s’il souffle trop fort. Le business éolien est très juteux pour la simple raison que tout MWh produit (qu’il soit utilisable ou non) bénéficie d’un certificat vert qui vaut 92 €. S’y ajoutent les 15 € du prix du marché de l’électricité éolienne produite. Il faut comparer cette somme de 107 €/MWh à celle du prix de base (45 €/MWh). C’est le consommateur qui paye ces 92 € par la voie de prélèvement sur sa note d’électricité. Il s’agit donc bien d’une contribution négative au revenu national. Néanmoins, les éoliennes constituent une source d’électricité qu’il faut développer en prenant conscience qu’elles contribuent à enrichir des investisseurs, des politiques, et qui seront, si nous n’y prenons garde, des gouffres financiers pour les citoyens que nous sommes et des verrues dans notre paysage. L’éolien est une source d’électricité de complémentarité, pas de substitution.
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> L’énergie solaire
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> « Les chauffe-eau solaires avec échangeurs thermiques (stockage de l’eau chauffée) sont aujourd’hui de très bons systèmes de récupération d’énergie au niveau domestique et à l’échelle de bâtiments », affirme notre éminent scientifique. Il poursuit : « ils permettent le ‘’stockage’’ de l’énergie reçue. Il faudrait les développer au niveau domestique. Réaliser des installations en France relève du possible. Mais voilà, l’état et les investisseurs n’ont plus la mainmise sur cette énergie !
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> Le photovoltaïque a un rendement de production d’électricité très faible. Les cellules au silicium cristallin sont fabriquées en Extrême Orient (Japon, Chine). 10 m2 fournissent au pic de production : 1 kW. Non stockable, cette électricité est plus de 10 fois plus chère que celle issue des réacteurs nucléaires. La durée de vie des panneaux est mal connue.
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> La sortie du nucléaire, tôt ou tard
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> « Le nucléaire pose un problème d’acceptabilité sociale », énonce Jean-Louis Cuq. Il développe les raisons de son assertion : « la production française d’électricité est à presque 80 % d’origine nucléaire, 8 % hydraulique, 3,5 % charbon et 3 % gaz. La biomasse, mal exploitée compte tenu de nos réserves en forêt, ne représente que moins de 2 %. Eolien et solaire sont négligeables. Il y a aujourd’hui sur notre planète, 450 réacteurs qui fournissent 15 % de l’électricité consommée. Il y a eu trois accidents majeurs : Three Mide Island, Tchernobyl et Fukushima. De nombreux petits réacteurs équipent bateaux et sous-marins. Il faut aider nos chercheurs à mettre au point les réacteurs de nouvelle génération qui pourraient utiliser, comme combustible, certains des déchets radioactifs produits aujourd’hui et/ou en stock. La mise en sécurité maximale des installations n’a pas de prix. La fusion pourrait être maîtrisée vers la fin de ce siècle (confinement laser ?) ».
> « La sortie du nucléaire se traduira forcément à court et moyen terme par la construction de centrales au charbon ou au gaz (nous deviendrons ainsi dépendants du bon vouloir des importateurs…) », anticipe l’éminent scientifique. « Les centrales thermiques à charbon, à fuel ou à gaz sont les plus classiques et leur construction est aisée. Au niveau mondial ce sont les centrales thermiques à charbon qui génèrent le plus de CO2, aujourd’hui. Ce sont les chinois qui sont les plus gros utilisateurs de ces centrales et qui en construisent le plus ». Et de conclure ce chapitre en exposant la problématique de l’énergie hydraulique et son évolution.
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> Les « gaspi-énergies »
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> Selon lui, la voiture électrique est une trouvaille qui n’en est pas une. En effet, rappelle-t-il, « la ‘’jamais contente’’ a été la première voiture à dépasser le 100 km/h et elle était électrique. Il y a plus de 110 ans !
> S’agit-il d’une aberration ? Il faut produire de l’électricité (charbon polluant) que l’on stocke dans des batteries coûteuses au rendement minable, à la durée de vie limitée et contenant des métaux lourds potentiellement très polluants !
> Concernant nos piles électriques : le coût de leur électricité est de 300 à 400 fois plus cher que celle produite par le nucléaire ».
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> Conclusion : que reste-t-il à faire ?
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> Jean-Louis Cuq termine son exposé par les objectifs qui lui paraissent déterminants si l’on veut laisser un environnement acceptable aux futures générations. Il les présente dans une échelle de temps à court et moyen terme.
> Il s’agit aujourd’hui de :
> – Valoriser et utiliser au mieux et raisonnablement les énergies renouvelables. C’est-à-dire la biomasse : bois, bioéthanol, hydrocarbures bio-synthétisés, réacteurs microbiens, …
> – Etre réaliste quant aux besoins et aux potentialités de production des diverses sources.
> – Valoriser les énergies hydrauliques « stables » : usines marée-motrices, ….
> – Singer la nature et réaliser des capteurs comme le sont les feuilles de nos arbres et plantes : travailler sur une photosynthèse maîtrisée.
> – capter l’énergie thermique du soleil,
> – et, surtout et vite, devenir moins énergivores (industrie, logements, déplacements,…)
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> Pour demain : utiliser l’énergie du soleil pour produire de l’électricité (photovoltaïque), pour hydrolyser la molécule d’eau et obtenir de l’hydrogène (piles à combustible)
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> Pour après-demain : donner les moyens aux chercheurs de maîtriser les énergies du futur (fusion nucléaire, gaz de schistes,…).
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> Notes personnelles
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>  La problématique du gaz de schiste a été expliquée aussi bien en réunion publique que dans ces colonnes-ci, sur les marchés, et lors de la fête des associations de Vias et d’Agde, respectivement les 2 et 15 septembre. Je pense qu’il était donc opportun, de mettre en perspective la dynamique écologique annoncée lors de la conférence environnementale organisée les 14 et 15 septembre par le Gouvernement. D’autant qu’un nouvel élan, envers les énergies renouvelables, avait été enclenché en 2007 par le Grenelle de l’Environnement. « Refonder la politique de l’écologie en France et inventer collectivement les conditions d’une croissance nouvelle », en était le leitmotiv.
>
> Le contenu de cette réunion publique, en plein dans l’actualité, traçait en filigrane le passage des énergies de stock (charbon – pétrole – gaz, notamment de schiste) aux énergies de flux (les énergies inépuisables dites renouvelables). Jean-Louis Cuq  a rendu la complexité accessible à tous. Notamment le changement climatique. Un sujet complexe, fréquemment abordé par les médias, sur lequel il était difficile de se forger sa propre opinion. Il nous a permis aussi de faire le tri parmi tous les types d’énergie susceptibles de garnir le bouquet énergétique dès aujourd’hui, demain et après-demain. Je voudrais, au nom du Collectif, le remercier pour sa disponibilité et la simplicité avec laquelle il a abordé tous les sujets de cette conférence-débat de haute facture, ainsi que pour le texte à l’appui duquel j’ai pu mettre en forme le compte rendu que je viens de vous soumettre.

Christian JOVIADO – Ecocitoyen engagé – (24-10-12)

Soutien aux résistants qui luttent en ce moment contre les gardes mobiles à Notre Dame des Landes

 

Ils gagneront avec notre soutien.

Association ARBRES gardiens de l’ombre Nîmes

Près de Nantes, à Notre Dame des Landes, en ce moment, le gouvernement envoie des troupes de gardes mobiles, des camions, des pelleteuses, qui détruisent un territoire de champs, de forêts et de zones humides naturelles sur plusieurs centaines d’hectares. Ils délogent les jeunes squatteurs qui depuis plusieurs années se sont installés dans ce bocage, y ont construit des maisons écologiques, y produisent de l’agriculture biologique. Ces jeunes aiment ce lieu et sont là pour le protéger contre un projet d’aéroport complètement inutile qui – si il se fait – recouvrira de béton ces centaines d’hectares de nature. Plus tard, si la résistance plie, le gouvernement s’attaquera également aux propriétaires légaux qu’il a l’intention d’expulser.

Pourquoi ce gouvernement élu démocratiquement s’acharne-t-il à détruire la nature et ceux qui la protègent, à saccager le monde rural ?

A Notre Dames des Landes, c’est pour construire un aéroport dont l’inutilité, l’aberration même, ont été largement prouvés*. Ailleurs ce sera pour autre chose. La motivation de cette violence d’Etat s’explique par de mesquins intérêts financiers sur la ville de Nantes (des opérations immobilières visant à faire de la plus-value sur des immeubles subissant actuellement les nuisances de l’actuel aéroport de Nantes : si l’aéroport de Notre Dame des Landes se faisait, celui de Nantes fermerait et ces quelques immeubles sur lesquels certains spéculent prendraient de la valeur). Cette violence s’explique aussi par une soumission de l’Etat à la multinationale VINCI** qui serait le constructeur de cet aéroport et qui possède déjà une partie des terres visées. Elle s’explique enfin par la volonté de nos dirigeants de montrer qu’ils détiennent la force policière, la seule force dont ils puissent se targuer au moment où leur impuissance politique éclate au grand jour.

Les médias dominants, journaux, radios, TV, entièrement soumis au gouvernement et aux intérêts des multinationales, taisent ce qu’il se passe en ce moment.

Ils nous disent que le combat des habitants de Notre Dame des Landes est perdu d’avance. C’est faux. La population de Nantes et de ses environs, informée directement, soutient ce combat et ne baisse pas les armes. Des sympathisants arrivent sans cesse. Tous les français ne pourront que soutenir ce combat dès qu’ils en comprendront les enjeux. Encore faudrait-il qu’ils soient informés ! Il est extraordinaire qu’un tel combat se déroule actuellement dans notre pays sans que la presse en donne un compte rendu complet et objectif. Heureusement, des sites sur internet nous informent heure par heure des événements***.

Si nous ne réagissons pas maintenant, quand le ferons-nous ?

Il existe un appel à signer sur internet pour dénoncer ce projet d’aéroport. Ceux qui en ont la possibilité peuvent se rendre sur place pour faire nombre, amener des vivres à ceux qui vivent sur ce territoire assiégé, permettre de reconstruire les maisons et les potagers détruits. Une grande manifestation sera organisée bientôt. Ailleurs en France nous pouvons tous interpeller les élus pour dénoncer la trahison des élus PS et Europe Ecologie, pour que cesse l’injustice que subissent ces jeunes et ces paysans, pour que ce projet d’aéroport stupide payé avec nos impôts soit abandonné.

* Site internet pour lire un article sur toutes les infos sur ce projet : http://www.reporterre.net/spip.php?article338

** Vinci est déjà responsable de graves atteintes à l’environnement en Russie, avec la destruction en partie de la forêt de Kimki faite avec des violences policières contre les opposants, dans un contexte de corruption politique.

***Plusieurs blogs de la ZAD de Notre Dame des Landes donnent des informations heure par heure. Des vidéo circulent également, sous le titre « guerilla bocagère ».

Compétitivité : le rapport Gallois prendra la défense des gaz de schiste

Le Monde.fr avec AFP | 18.10.2012 à 23h09

Louis Gallois aurait asséné à Delphine Batho que "la France a deux richesses phares, le nucléaire et les gaz de schiste", et qu'"il est hors de question de faire l'impasse", selon "Paris-Match".

Le rapport commandé par le gouvernement à Louis Gallois sur la compétitivité des entreprises françaises contiendra un plaidoyer en faveur de l’exploitation des gaz de schiste, rapporte jeudi 18 octobre l’hebdomadaire Paris-Match.

Selon le magazine, l’ex-président d’EADS a eu il y a quelques jours une « conversation explosive » à ce sujet avec la ministre de l’écologie et de l’énergie, Delphine Batho. D’après Paris-Match, la ministre s’est mise « en colère » parce que M. Gallois lui aurait annoncé que son rapport contiendrait « un chapitre sur la nécessité d’exploiter les gaz de schiste pour l’Hexagone, qui dispose de près de la moitié des ressources potentielles en Europe de l’Ouest ».

Toujours d’après Paris-Match, M. Gallois aurait asséné à la ministre que « la France a deux richesses phares, le nucléaire et les gaz de schiste », et qu’« il est hors de question de faire l’impasse ». Ces informations ont été publiées alors que Mme Batho est en déplacement en Inde, où elle participe à une conférence de l’ONU sur la biodiversité.

L’Europe atteint 100 GW de capacité éolienne installée

17 octobre 2012 ; révision : 18 octobre 2012, 13 h 24

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Eoliennes en Bretagne – France  © C. Magdelaine / notre-planete.info

L’Union Européenne vient de dépasser le cap des 100 gigawatts (GW) de puissance installée dans l’énergie éolienne selon European Wind Energy Association (EWEA). Une étape symbolique qui marque le dynamisme de cette filière industrielle, sauf en France.

100 GW d’énergie éolienne[1] c’est l’équivalent de la production de 39 réacteurs nucléaires[2] ou 62 centrales électriques fonctionnant au charbon ou encore 52 centrales électriques fonctionnant au gaz. Cela permet de répondre à la consommation en électricité de 57 millions de foyers ou encore 6,3 % de la consommation européenne, précise l’EWEA.

Fin 2011, avec plus de 29 000 MW, l’Allemagne restait toujours le pays ayant la plus grande capacité de production éolienne installée en Europe, suivi par l’Espagne (21 674 MW), la France (6800 MW), l’Italie (6747 MW) et la Grande-Bretagne (6540 MW).

Il a fallu plus de vingt ans au secteur de l’éolien pour connecter au réseau électrique les premiers 10 GW d’énergie éolienne, alors que seulement 13 ans ont suffi pour connecter les 90 autres dont 50 GW dans les six dernières années. L’accélération de l’essor de l’éolien en Europe est donc notable.

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Capacité installée d’énergie éolienne en Europe (en GW)    © EWEA

« Il faudrait brûler 72 millions de tonnes de charbon tous les ans dans des centrales à charbon pour égaler la production éolienne annuelle de l’Europe. Charger cette quantité de charbon dans les trains nécessiterait 750 000 wagons sur une longueur totale de 11 500 kilomètres, soit la distance de Bruxelles à Buenos Aires en Argentine » a déclaré Christian Kjaer, directeur général de l’EWEA.

« Malgré l’utilisation d’une infime fraction des vastes ressources éoliennes en Europe, l’énergie éolienne a un effet notable sur la sécurité énergétique et l’environnement, et ces avantages nous sont bénéfiques dans la création d’emplois verts et de technologies à l’exportation » a ajouté Christian Kjaer.

La France ne remplira pas ses objectifs sur l’éolien

En France, selon les statistiques du Suivi de production de l’éolien en France, l’énergie éolienne représente une puissance installée de 7 125 MW pour une production annuelle qui dépasse les 10 000 GWh. Une filière qui revendique 11 000 emplois équivalent temps plein et près de 3 milliards d’euro de chiffre d’affaire selon le dernier baromètre des énergies renouvelables électriques en France réalisé par Observ’ER.

Et pourtant, les années 2011 et 2012 n’ont pas été à la hauteur des objectifs français puisque le plan national « Énergies renouvelables » table sur 11 500 MW de capacité installée fin 2012. Un premier rendez-vous raté dans la course aux 25 000 MW (19 000 MW terrestres et 6 000 en mer) d’électricité d’origine éolienne totale qui devront être installés d’ici à 2020. Cela devrait représenter 10 % de la production nationale d’électricité et 60 000 emplois.

L’île de France : la région pauvre de l’éolien français

Installations quasi inexistantes, projets qui piétinent… l’Ile-de-France fait pâle figure avec seulement 6 MW installés alors que les régions voisines comme la Picardie et la Champagne-Ardenne possèdent respectivement 919 MW et 980 MW.

« On ne compte que trois grandes éoliennes sur l’ensemble de l’Ile-de-France« , soupire Vincent Masureel, directeur du développement chez Nordex et Délégué régional de France Energie Eolienne (FEE). Implantées à Pussay (Essonne), les trois éoliennes, gérées par le groupe Theolia, font partie d’un parc de 16 éoliennes inauguré en mai 2011, à cheval sur l’Ile-de-France et l’Eure-et-Loire. De quoi produire l’équivalent de la consommation électrique de 42 000 habitants.

Les lourdeurs administratives, l’incertitude sur le tarif d’achat et les réticences des riverains sont les premiers freins à l’installation d’éolienne en France. Heureusement, les professionnels de l’éolien regroupés sous l’association France Energie Eolienne reprennent « quelques espoirs après le vote par l’Assemblée nationale de mesures de simplification pour la filière », comme la suppression des Zones de Développement de l’Eolien (ZDE) et la levée de l’obligation d’installer des parcs éoliens d’au moins 5 machines.

Notes

  1. Cela correspond par exemple à 40 000 éoliennes de 2,5 MW.
  2. EWEA considère que le rendement moyen d’une éolienne terrestre est de 24% (42% sur mer), que les réacteurs nucléaires ont un rendement de 80% (70% seulement en France) pour une puissance unitaire de 800 MW (Load factors to end December 2011).
  3. La France, par sa géographie privilégiée, lui permet de bénéficier du deuxième gisement éolien d’Europe après le Royaume-Uni.

Source

Auteur

Christophe Magdelaine / notre-planete.info – Tous droits réservés

 

Pétition Condamnation Kokopelli

> >> « Pour continuer à pouvoir utiliser, reproduire, échanger les
> >> semences libres et librement… Celle la faut la signer !
> >>
> >> Merci ! et n’hésitez pas à faire tourner ! »
> >>
> >> Il reste 600 et quelques signatures à trouver pour que les graines
> >> survivent.
> >>
> >> http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/fran%C3%A7ois-hollande-
> >> faire-annuler-la-condamnation-de-kokopelli?
> >> utm_campaign=action_box&utm_medium=twitter&utm_source=share_petition
> >> ———————–
> >> Kokopelli est une association à but non lucratif, fondée en 1999
> >> qui maintient une collection planétaire unique, de plus de 2 200
> >> variétés de plantes potagères, céréalières, médicinales,
> >> condimentaires, ornementales et une gamme de variétés très peu
> >> cultivées, peu connues, voire en voie de disparition. Elle place
> >> son action dans l’objectif solidaire de développer des projets
> >> d’aide envers les communautés démunies (183 en 2011). Kokopeli est
> >> attaquée aujourd’hui par un grainetier, Graines Baumaux.
> >> Cette Société par actions simplifiée au capital de 1 000 000
> >> d’euros, dont le chiffre d’affaires 2011 s’élève à hauteur de 13
> >> 952 923 € et le bénéfice 2010 à hauteur de 2 005 251 €,
> >> commercialise 2 835 variétés de graines potagères, florales,
> >> aromatiques, médicinales, fourragères et dites engrais verts.
> >> Le Tribunal de Grande Instance de Nancy et la Cour de Justice de
> >> l’Union Européenne ont condamné l’association Kokopelli, pour
> >> concurrence déloyale vis-à-vis de l’entreprise Graines Baumaux, à
> >> verser 100 000 € de dommages-intérêts à Graines Baumaux, ce qui
> >> pourrait la forcer à cesser ou modifier ses activités.
> >> Il est donc demandé au Président de la République, François
> >> Hollande, la traduction du Traité International sur les Ressources
> >> Phytogénétiques pour l’Agriculture et l’Alimentation (TIRPAA) dans
> >> notre législation nationale. Ce Traité, voté par la France en 2002
> >> et approuvé nationalement en 2005, reconnaît aux agriculteurs et
> >> aux jardiniers le droit de conserver, utiliser, échanger et vendre
> >> les semences ou le matériel de multiplication reproduits à la
> >> ferme sur son territoire. Il reconnaît la contribution des
> >> agriculteurs à la conservation de la biodiversité et stipule que
> >> rien ne peut entraver leurs droits de conserver, ressemer,
> >> échanger et vendre leurs semences reproduites à la ferme.
> >> Il est de plus réclamé de faire respecter l’autorisation
> >> d’approbation du TIRPAA votée en 2005, en interdisant tout droit
> >> de propriété intellectuelle sur le vivant et en limitant les
> >> normes commerciales et les droits des obtenteurs là où commencent
> >> ceux des agriculteurs, et l’abrogation de la Loi du 28 novembre
> >> 2011 relative aux certificats d’obtention végétale.
> >>
> >> Textes repris de la lettre de Monsieur René Balme, Maire de Grigny
> >> au Président de la République
> >>
> >> Pour en savoir plus :
> >> http://www.legrandsoir.info/condamnation-de-kokopelli-rene-balme-s-
> >> adresse-a-francois-hollande.html
> >> http://www.semencespaysannes.org/
> >> condamnation_kokopelli_etat_condamne_qui_hono_115-actu_36.php
> >> http://kokopelli-semences.fr/juridique/proces_perdu_2012
> >> Merci de partager largement ces informations et de vous impliquer.

Le peak oil, c’est fini

JDLE : Le peak oil, c’est fini
Le 12 octobre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg

La Chine sera le plus gros consommateur mondial de pétrole dès 2017.

La peur de manquer d’hydrocarbures et d’en payer les conséquences, tant économiques que stratégiques, s’éloigne. Et la carte mondiale du pétrole est bouleversée. Telles sont les deux principales conclusions du dernier rapport sur l’économie pétrolière mondiale que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de publier.

> Imaginant l’évolution de l’offre et de la demande mondiales de pétrole et de produits pétroliers, pour la période 2011-2017, le Medium-Term Oil Market Report 2012 (MTOMR 2012) annonce de petits et de grands changements.

> Contrairement aux craintes distillées les années passées, le monde, malgré un appétit croissant, ne manquera pas de pétrole. Selon les projections de l’AIE, la demande de brut devrait dépasser, en 2015, les 95 millions de barils par jour, contre 90 en 2012. Dit autrement, la croissance économique mondiale devrait progresser de 3,9% par an en moyenne sur la période, quand la demande de pétrole progressera, elle, juste de 1,2% par an. Cet appétit sera essentiellement celui des pays émergents qui progressera de 2,9% par an.

> A contrario, la demande occidentale déclinera de 0,4% par an. Conséquence directe: dès 2016, la consommation des pays de l’OCDE sera dépassée par celles des pays émergents ou en voie de développement. Une première !

> En 2017, ces pays émergents deviendront définitivement les plus gros consommateurs d’huile, de gaz naturel et autres hydrocarbures. La même année, estime l’AIE, la Chine sera devenue la première économie du monde, devant les Etats-Unis. Mais les ceux-ci ne devraient toutefois pas s’en sortir trop mal.

> Car, autant la Chine devrait accroître ses importations de produits énergétiques, autant l’Oncle Sam devrait diminuer les siennes. Disposant des meilleures technologies d’extraction et d’importantes infrastructures de transport, de raffinage et de distribution, sans oublier l’accès aux fabuleux gisements d’hydrocarbures non conventionnels américains et canadiens, Washington va réduire comme peau de chagrin ses imports de brut.

> Par ailleurs, le marché pétrolier devrait voir arriver quelques revenants imposants. L’Irak et la Lybie devraient retrouver d’importantes capacités de production ; lesquelles feront plus que compenser la forte baisse annoncée (sanctions internationales obligent) des exportations de brut iraniennes.

> Au total, la capacité de production pourrait atteindre les 102 millions de barils par jour (md/j) : +9,1% par rapport à 2011. Les experts de l’AIE estiment que l’Amérique du nord et l’Irak fourniront 60% de cette croissance. La capacité de production dépassant largement les besoins estimés (102 mb/j contre 95 mb/j en 2017), les prix devraient logiquement s’en ressentir.

> L’AIE estime à 89 dollars le prix du barils, en 2017, contre plus de 110 dollars, en 2011. Sur le plan environnemental, les conclusions du MTOMR 2012 ont de quoi inquiéter. La consommation de produits pétroliers va progresser de plus de 5%, ce qui augmente mécaniquement les émissions de CO2. Seule consolation : la croissance économique augmentant bien plus vite que la demande d’huile, on assistera à une diminution de 2,5% par an de l’intensité pétrolière de l’économie mondiale. Piètre compensation.

La bataille autour du gaz de schiste reprend dans le bassin d’Alès

21 SEPTEMBRE 2012 | PAR JADE LINDGAARD

 » Fracturation conventionnelle limitée « 

Logo de l'association "Touche pas à ma roche-mère"Logo de l’association « Touche pas à ma roche-mère »
De toute façon, « il ne s’agit pas de gaz de schiste, mais de recherche pétrolifère pour laquelle cette société possède un permis de prospection », explique la préfecture du Gard. Pour notre géologue anonyme, le sous-sol lorgné par les Suisses contient « du pétrole classique, c’est clair, et pas de l’huile de schiste. C’est du Sannoisien, un étage géologique du tertiaire, dans la roche poreuse et perméable, bien au-dessus de la roche mère ». Rien à voir avec le gaz de schiste, qui correspond à un étage géologique plus ancien, plus profond dans le sol, à partir de 2 500 mètres, précise-t-il. De toute façon, « Il n’y a pas d’huile de schiste dans le sud », ajoute-t-il, fort de son expertise : « Ce que je vous dis, c’est la vérité scientifique, il faut raison garder et se référer à ceux qui savent. »
Le permis du bassin d’Alès s’étend en partie sur un ancien champ pétrolifère (champ de Maruéjols) découvert en 1947 et foré par Elf jusqu’au début des années 1980. Peu productif, il est abandonné alors que les cours du pétrole sont trop bas pour en faire un gisement rentable. Accordé pour cinq ans le 1er mars 2010, le permis de recherche du bassin d’Alès couvre une surface de 215 km2. Dans son rapport du 5 septembre 2011 (à lire en cliquant ici, en pdf, à la ligne « complément »), envoyé au ministère de l’écologie à la suite de la loi Jacob interdisant la fracturation hydraulique, MouvOil assure que « les méthodes d’exploration que nous envisageons sont strictement conventionnelles », et qu’elle« n’a pas l’intention d’utiliser de procédé de fracturation hydraulique ». Ce que confirme Jean-Michel Frautschi, le président de MouvOil : « Nous cherchons de l’huile et du gaz tout à fait conventionnels. »
Pourtant, la demande initiale de permis déposée en 2009 par MouvOil (à lire ci-dessous) contient des informations différentes.
D’abord, le pétrolier insiste sur « l’intérêt de l’exploration des objectifs profonds », et pointe l’hypothèse de l’existence de réservoirs attendus « entre 1 800 et 2 200 mètres ». Non loin donc du seuil des 2 500 mètres évoqué par l’expert du ministère. Ensuite, le document décrit des réservoirs d’huile, « alimentés par les schistes bitumineux du Santonnien ». Les Schistes bitumineux – l’expression est mise en valeur en caractère gras – sont des roches contenant des substances organiques pouvant donner du gaz et du pétrole. Ils entrent dans la famille des hydrocarbures non conventionnels et font l’objet de campagne de dénonciation des écologistes (voir ici par exemple).
Carte postale du collectif 07 Stop au gaz de schiste.Carte postale du collectif 07 Stop au gaz de schiste.
« Ces schistes bitumineux sont si riches du point de vue organique qu’ils on été exploités pendant plus d’un demi-siècle à Vagnas sur la bordure nord du bassin pour produire par pyrolyse du pétrole lampant, des huiles de graissage et du gaz d’éclairage. La justification du forage d’un puits à 1 800-2 200m reste cependant liée à la découverte de structure fermée de taille suffisante. » Même s’il n’est pas certain d’en trouver autant qu’il le souhaite, le pétrolier explicite sans ambiguïté son intérêt pour ces substances fossiles.
Dans le même rapport, il annonce aussi vouloir réaliser un « échantillonnage des roches mères », cette partie superficielle de la croûte terrestre à partir de laquelle se forme le pétrole. À ce niveau-là de profondeur, peut-on encore prétendre prospecter des hydrocarbures conventionnels ? La question se pose d’autant plus que, si l’on se reporte au programme de travail de MouvOil déposé en septembre 2011, on découvre qu’il prévoit la réalisation d’un deuxième forage « jusqu’à 2 400 mètres », près d’un kilomètre plus bas que le premier forage prévu pour atteindre les réservoirs d’huile lourde.
Surtout, dans une lettre envoyée à la mairie de Bessas le 7 juin 2011, dont Mediapart a obtenu une copie, MouvOil écrit envisager de « faire une fracturation conventionnelle limitée » de la roche, afin de « faciliter l’action de l’acide injecté autour du puits, comme cela est fait en routine dans tous les forages du monde ».
Fracturation : le mot est lâché, en noir sur blanc, par l’opérateur lui-même. Il a beau préciser dans le même paragraphe que cela n’a « rien à voir avec le fracking des gaz de schiste », l’intention technique est assez claire. Car il existe diverses façons de fracturer la roche, et pas seulement en effet pour en extraire des gaz de schiste. Cette missive précède de trois semaines le vote de la loi Jacob qui interdit la fracturation hydraulique. Depuis, soucieux de se conformer au cadre légal pour conserver son permis, le pétrolier suisse ne parle plus de « fracturation conventionnelle limitée ».

 » Il y a du gaz sur ce gisement « 

Jean-Michel Frautschi n’en démord pas : « Nos objectifs, c’est la formation du tertiaire, la partie supérieure du Crétacée, le grès, le calcaire : des objectifs conventionnels, tout à fait classiques. » Et il ajoute : « Si j’allais chercher du gaz de schiste, j’irai sur une zone plus au sud-est, où l’on trouve des fondations plus anciennes. »
Mais pour Joël Jolivet, maire de Tharaux, et hydrogéologue au CNRS (voir ici) « Il y a du gaz sous ce gisement, qui peut être de schiste, et il y a du gaz de charbon. Compte tenu de la nature de la roche du bassin d’Alès et de la structure du réservoir de roche mère, on peut y trouver des gisements non conventionnels d’hydrocarbures gazeux et liquides. MouvOil dit ne pas chercher de gaz de schiste, mais c’est une question de sémantique. »
Manifestation à Barjac, le 23 octobre 2011 ©Olivier Sébart.Manifestation à Barjac, le 23 octobre 2011 ©Olivier Sébart.
Selon Serge Bellelle, géologue retraité, membre du comité scientifique du collectif 07 Stop aux gaz de schiste, et ancien du secteur pétrolier, « s’ils veulent faire un forage conventionnel, ils n’ont pas besoin de connaître de façon aussi précise la nature du terrain avec leur acquisition sismique. Ils pourraient se contenter d’un simple carrotage ». MouvOil assure être encore bien loin de pouvoir forer. « On attend une autorisation, même tacite, du préfet pour commencer le permittage », nous explique Jean-Michel Frautschi, c’est-à-dire l’envoi de représentants auprès des propriétaires des parcelles que les camions vibreurs doivent traverser.
Mais Mediapart s’est procuré le document de « déclaration d’ouverture des travaux de recherche de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux », déposé en août par le pétrolier. On y découvre un calendrier extrêmement précis : reconnaissance sur le site et recherche d’une base de vie en août 2012, puis permittage pendant 30 à 40 jours ouvrables, avant la conduite des recherches sismiques par camions vibreurs pendant dix jours de fin octobre à début novembre, et enfin, le traitement des données en décembre. De quoi commencer à forer dès début 2013.
Ce document contient également une notice d’impact des travaux sur l’environnement. Selon une note des services régionaux du ministère de l’écologie (Dreal du Languedoc-Roussillon et de Rhône-Alpes), la zone d’étude de la recherche sismique « représente un intérêt écologique important, en particulier grâce à la diversité des milieux naturels qui y sont présents : gorges de l’Ardèche et de la Cèze, plateaux calcaire, Garrigues… ». Sur le territoire concerné par le permis du bassin d’Alès vivent des espèces naturelles protégées, comme le vautour parcnoptère, l’aigle de Bonelli, la loutre d’Europe, ainsi que des papillons et des libellules.
Il est traversé par pas moins de 14 zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF), cinq sites Natura 2000 et neuf espaces naturels sensibles. Par ailleurs, de nombreuses zones habitées sont recensées à proximité (moins de 300 mètres) des lignes sismiques prévues – sur environ 60 km. Autrement dit, même si les travaux du pétrolier restent dans le cadre conventionnel, leur impact environnemental n’est pas nul. Mais selon MouvOil, les dégâts s’ils adviennent, seront limités et compensables.
« Nous sommes détenteurs du permis, nous sommes dans la légalité, conclut Jean-Michel Frautschi. Si nous ne pouvons pas accéder au terrain pour acquérir les données, nous prendrons les dispositions utiles pour rediscuter avec le gouvernement de ce permis accordé s’il ne peut être mis en œuvre ».

Un ex de l’affaire Elf

Les dirigeants de MouvOil (voir ici) ne sont pas inconnus des services de l’Etat. Créée en 2008, cette société suisse accueille dans son conseil d’administration Jack Sigolet, ancien bras droit d’André Tarallo, le M. Afrique d’Elf. Ancien patron de la Fiba Banque française intercontinentale, il semble s’être spécialisé dans les préfinancements pétroliers. Récemment, son nom est apparu dans une enquête helvète sur des détournements de fonds angolais (voir ici). Jean-Michel Frautschi, le président de MouvOil, est lui aussi un ancien d’Elf-Aquitaine, devenu pétro-consultant dans les années 1990. Le vice-président de la société, Max-Louis Bordenave est, lui, un ancien de Total. Des vieux routiers des sphères politico-pétrolières et de leurs insondables arcanes.
Pour Edouard Chaulet, maire de Barjac, et l’un des personnages du documentaire de Jean-Pierre Jaud, Nos enfants nous accuseront (consaré aux dérives de l’industrie agro-alimentaire et à ceux qui s’y opposent) : « Cette affaire n’est pas locale. Il faut cesser de penser l’économie comme on le faisait auparavant. Il y a le changement climatique, la carbonisation de l’atmosphère. Nous nous tournons vers le tourisme, des gens s’installent ici. J’ai dit à MouvOil que j’avais besoin de leurs camions vibrateurs, mais pour faire de la géothermie. »
La bataille du bassin d’Alès n’est pas un cas isolé. En Seine-et-Marne, la société Toreador-Hess-Zaza a rencontré Jean-François Delesalle, le maire de Doue, au printemps dernier. Objet de la rencontre : les forages que le pétrolier souhaite réaliser dans le cadre de son permis exclusif de recherche dit de « Château-Thierry » (voir ici), qui s’étend jusqu’à l’Aisne. Une réunion s’est tenue en juin à la préfecture. Depuis, plus de nouvelles.
Mais dans leur rapport de mai 2011 sur la fracturation hydraulique, les parlementaires Michel Havard et Jean-Paul Chanteguet considèrent que le permis de Château-Thierry comporte des projets d’exploration d’hydrocarbures non conventionnels… Quinze autres permis, qui visent 23 départements au total, sont aussi concernés. Aucun d’entre eux n’est inquiété par la déclaration présidentielle de la semaine dernière. La fracturation hydraulique est interdite. Mais que feront pétroliers et responsables politiques le jour où ils découvriront des gaz et des huiles de schiste, même par inadvertance ?

Modifications vendredi soir à 22h40, suite à la remarque d’un lecteur : en p. 2,le nom  hydrocarbure était improprement accordé au féminin. Même page, le « Sannoisien » était improprement qualifié d »état » alors qu’il sagit d’un « étage ».
Toutes les personnes citées dans cet article ont été interrogées par téléphone entre le 18 et le 20 septembre.
Contactée également par téléphone, la société Toreador-Hess n’a pas répondu à notre demande de réaction. Pas plus de réponse de la part du ministère de l’écologie au sujet de leurs intentions concernant le permis du bassin d’Alès.

 

Maryse ARDITI
Ecologie du carcassonnais, des corbières et du Littoral audois